Escapade parisienne : studio de Meudon, Bal Blomet, Baiser Salé

Par Philippe Desmond

Les fidèles de ce blog savent que chaque fin de mois de mai je suis attiré à Paris par un évènement où des balles jaunes se font taper dessus toute la journée (voir pour les amateurs un article de 2022 en bas de page). Alors pourquoi ne pas joindre l’agréable à l’agréable en y ajoutant quelques rencontres ou concerts de jazz.

Visite au studio de Meudon

Bernard Faulon et son Fazioli Concert 280

https://www.studiodemeudon.fr/

C’est Bernard Faulon qui nous accueille dans cette petite rue calme de Meudon entourée de verdure où les oiseaux gazouillent , un perroquet en liberté voletant même d’arbres en arbres. C’est ici que se niche le studio de Meudon, LE studio internationalement reconnu notamment pour ses beaux pianos. Bernard Faulon est bordelais d’origine et il vient souvent en villégiature en Gironde où il compte s’installer définitivement bientôt. En effet le studio qu’il a créé de toutes pièces dans un ancien atelier est à vendre après 25 ans d’existence où il a vu défiler « tout le monde » et surtout les plus grands, du jazz au classique en passant par la variété, du moment que le piano y occupe une place importante. Un Steinway & Sons D 274, un Hoffman 120 et un extraordinaire Fazioli Concert 280 sont à disposition en permanence.

Avant la création de son studio et parallèlement ensuite, Bernard Faulon a mené et mène une carrière de technicien de piano et plus spécialement pour la marque italienne créée seulement en 1981 par Paolo Fazioli et qui fabrique à la main des merveilles de pianos. Son parfait, mécanique raffinée et finition en loupe de noyer fabuleuse. Bernard Faulon assure aussi la transformation des pianos en pianos silencieux pour la clientèle parisienne vivant en appartement ; toucher conservé mais un son numérique écoutable au casque ! Il a déjà installé plusieurs milliers de ces systèmes.

Par curiosité allez voir sur le site les différents clients du studio, c’est parlant. Le studio permet l’enregistrement, le mixage et le mastering dans un cadre bucolique avec son jardin accueillant et ombragé.

Bernard Faulon est aussi partie prenante dans le studio Château Lagrave près de Bordeaux studio chateau la grave.

Merci pour cet accueil dans cet endroit mythique où se créent tant d’albums

Le Serpentine Orchestra au Bal Blomet


https://www.balblomet.fr/

Action Jazz a rencontré Roman Zaborski le régisseur général du Bal Blomet au festival Soulac n’ Jazz où il officie comme directeur de production. C’était l’occasion d’aller lui rendre visite en situation dans ce club de jazz parisien qui a rouvert en 2017 après des années de silence. Créé en 1924 rue Blomet, sous le nom de Bal Nègre, ce lieu des années folles qui a accueilli, Joséphine Baker et ses bananes (autre époque ! ), Maurice Chevalier, Mistinguett, Sidney Bechet et le « tout Paris » artistique, a depuis 2017 retrouvé une place importante dans le jazz – mais pas seulement – à Paris. Jazz Magazine a d’ailleurs un partenariat avec la salle. Jauge de 240 places, grande scène, bar avec petite restauration, ce très beau club affiche complet quasiment tous les soirs.

Aujourd’hui c’est le Serpentine Orchestra qui se produit, un groupe de musiciens parisiens dans l’esprit des formations de jazz américaines des années 20. https://www.instagram.com/serpentine.orchestra/

L’orchestre se compose de dix musiciens : Joë Santoni : trompette, chant, direction / Angela Strandberg : trompette, chant / Rudolph Stengel : trombone / Prokhor Burlak : sax soprano, ténor, clarinette / Rémi Fahed : sax, clarinette / Phiphi Lambrechts : sax, clarinettes / Garry Nayah : guitares, banjos, chant / Pablo Burchard : contrebasse /

Remplaçants de luxe ce soir : Jean-Baptiste Franc : piano / Pascal Mucci : batterie vintage

Quelle bonne idée que de faire revivre ces formations en plus dans ce lieu chargé d’histoire. Un répertoire des plus variés de cette époque d’entre deux guerres, Louis Armstrong, Sidney Bechet, Duke Ellington, Fats Waller et même des français, Ray Ventura (Quelle gaîté ce « Tiens, tiens, tiens » !), Trenet, Piaf. Des arrangements impeccables, des surprises, du spectacle avec des chorégraphies de souffleurs, du chant qui jaillit, des solos en feu d’artifice (Prokhor Burlak époustouflant) ce concert est un enchantement ; classe, humour, tout y est et le public en redemande ! Deux rappels à tout rompre. Et un son parfait, bravo et merci Roman.

La jam du lundi au Baiser Salé


https://www.lebaisersale.com/fr

Chaque lundi soir à Paris si vous ne savez pas quoi faire – et même si vous avez autre chose à faire – il y a un évènement qu’il ne faut pas rater, la jam du Baiser Salé animée depuis des décennies par François Constantin, percussionniste qu’on s’arrache dans le milieu et donc grand chef d’orchestre le lundi soir jusqu’à tard dans la nuit. Un plaisir chaque fois de rencontrer ce fou de musique et de sport avec qui on parle tennis bien sûr, quinzaine oblige…

Chaque jam a un thème, en ce moment les Caribéennes de Mai. Ça commence par un concert du groupe du soir puis la jam démarre en fonction des musiciennes et musiciens présents. Parfois de belles surprises avec des artistes renommés de la place ou d’autres internationaux de passage dans la capitale. Ce soir François est entouré de Lukmil Perez à la batterie, Damian Nueva à la basse et au chant et Pity Cabrera au piano. On aura donc compris la couleur du concert de ce soir avec trois cubains sur scène ! Et en effet la fièvre va vite monter dans cette petite salle qui se remplit façon tetris, où chacun a quasiment le nez sur les instruments, le premier rang pouvant même jouer des congas. Même les mambos lancés sur un rythme modéré finissent dans l’énergie musicale la plus totale, la joie est là, la fête aussi. Avant la pause qui précède la jam, deux percussionnistes viendront même rajouter de la polyrythmie comme s’il en manquait ! Des pianistes, batteurs, guitaristes attendent pour jammer, pas encore de soufflants mais je dois partir, la nuit est à eux.

Je me souviens de Roland-Garros