Esaïe Cid Quartet

« Balzaquiana »

Par Philippe Desmond

Sortie le 29 mai 2026 https://www.freshsoundrecords.com/

Esaïe Cid : sax alto / Clément Trimouille : guitare / Kim Baiunco : contrebasse / Lucio Tomasi : batterie

De Balzac au jazz, curieux itinéraire ! Ce qui a déclenché ce projet est la découverte par le saxophoniste catalan du titre « Balzaquiana » composé en 1949 par deux brésiliens, Wilson Batista et Antonio Nàssara. Cette marchinha fut un immense succès lors du carnaval de Rio en 1950. C’était un clin d’oeil canaille au père de la Comédie Humaine et à son personnage Julie d’Aiglement. « Sept jours par semaine j’ai besoin de voir ma Balzacienne » disait la chanson.

Esaïe Cid venu de Barcelone s’est installé à Paris découvrant la ville à travers l’oeuvre de Balzac. « Il y a un aspect de sa façon de faire, à la fois urgente, spontanée et perfectionniste, qi me rappelle le jazz » argumente-t-il. Pour étoffer l’influence balzacienne Esaïe Cid a composé deux titres. « La Torpille » en référence à Esther Gobseck dans « Splendeurs et misères des courtisanes » et « Bixiou » personnage récurrent de la Comédie Humaine, le titi parisien.

Voilà donc un album original mêlant jazz et littérature sur trois de ses titres. Mais il n’y a pas que cela et six autres compositions complètent l’album. On croise ainsi Neil Hefti pour « Flight of the Foo Birds » dont le solo par  le saxophoniste Frank Weiss sur l’album « The Atomic Mr Basie » a marqué Esaïe. Il est une de ses influences majeures.

On retrouve aussi la ballade « Gloria » de Don Byas, une version tonique de « My Favorite Things » et d’auttes titres moins souvent joués que je vous laisse découvrir.

Musicalement on croise dans ce « jazz de chambre » le swing, le be-bop, le cool jazz,  l’élégance du jeu d’Esaïe Cid se trouvant à l’aise partout. Il est un des tenants majeurs de ce jazz dit classique, cet âge d’or du jazz comme le qualifient radicalement certains. Epaulé par la guitare burellienne de Clément Trémouille (Zoot Collectif, Clément Trimouille trio) , la contrebasse de Kim Baiunco (Zoot Collectif…) et la batterie claire et profonde de Lucio Tomasi, Esaïe Cid nous offre un disque plein de sérénité et de raffinement.

L’album est dédié au batteur Lucio Tomasi disparu prématurément à l’âge de 28 ans, deux mois après l’enregistrement.