Concert « One Voice » de Gospel City

Par Philippe Desmond, photos David Bert

Le Rocher de Palmer, samedi 16 mai 2026
https://gospelcity.fr/

200 choristes et Thomas Bercy : clavier / Olivier Gatto : contrebasse / Fabrice Viera : guitare / Curtis Efoua : batterie

Dans l’histoire du jazz le Gospel occupe une place importante, cette musique religieuse afro-américaine fait partie de ses racines. Né des Negro Spirituals issus des traditions religieuses formées avec l’esclavage, le Gospel en est aux Etats Unis une forme plus maîtrisée et codifiée associée au culte protestant. L’aspect religieux est omniprésent dans les paroles des chansons révélant une totale dévotion au Seigneur. La ferveur qui en ressort est assez impressionnante lors des offices religieux, contrastant avec la retenue du culte catholique de nos contrées…

Musique religieuse donc mais chez nous en France et dans beaucoup de villes une musique chorale détachée de l’aspect cultuel. De multiples associations se sont ainsi formées rassemblant des gens ayant tout simplement envie de chanter dans la joie. C’est le cas de Gospel City qui a des antennes dans plusieurs villes et dont une des devises est « Du gospel pour tous, sans auditions » ; il suffit de savoir chanter sous la douche est-il précisé. Ouvert à toutes et tous donc.

Ce soir c’est l’aboutissement d’un travail de deux ans avec le regroupement de chorales et de chefs de chœur de Béziers, Soissons, Bayonne, Saint-Jean de Luz, Niort, Belfort, Le Mans et bien sûr Bordeaux ; 200 choristes ! Chaque ville a travaillé dans son coin mais depuis le matin du concert il a fallu coordonner toute ces voix et s’adapter au quartet de musiciens.

C’est Benjamin Comba le chef de chœur local qui a réuni quatre des meilleurs musiciens bordelais qu’Action Jazz connaît très bien, Curtis Efoua ayant même été lauréat de notre tremplin. Pas si simple la musique de Gospel me diront-ils, de longues partitions, des renvois, des rendez-vous et parfois des surprises si le chœur a modifié le chant !

Le public est venu nombreux et c’est en effet la salle 1200 qui nous accueille. De suite la joie et la ferveur envahissent la scène se communiquant instantanément à l’assistance. Une vague de choristes en jeans et hauts blancs ondule sur la grande scène, les quatre musiciens ayant juste la place sur le côté. Ça va durer près de deux heures, seuls quelques spirituals chantés à cappella par des cheffes de chœur venant calmer la foule, « Amazing Grace », « Nobody knows »

Mais quand le chœur se lâche, on ressent la joie de chanter manifeste dans ce bouillonnement chorégraphique par encore aussi synchro que les groupes pros, et on partage avec lui ces rythmes, ces incantations qu’on y croit ou pas !

On entendra et on chantera tous les « tubes » du genre tels les inévitables « Oh Happy Day » ou « Oh when the Saints », on partagera les alleluia . Je suis sûr qu’après ce concert spectaculaire certains spectateurs du soir vont gonfler les effectifs de Gospel City de Bordeaux et d’ailleurs !