
Noam Lemish – « There’s beauty enough in being there »
4 étoiles sup
Chronique de Martine Omiécinski
Noam Lemish : Piano, compositions
Sundar Viswanathan : Saxophones alto et soprano, bansuri
Andrew Downing : Contrebasse
Nick Fraser : Batterie
Faisons un tour du côté du Canada et plus précisément de Toronto pour découvrir cet album sorti en octobre dernier sur lequel sont réunis 4 musiciens de la fine fleur du jazz de ce pays et au-delà. Trois d’entre eux ont été primés et le quatrième nommé aux « Juno’s » (l’équivalent de nos Césars) ! L’album est un savant dosage de sérénité, de luminosité, de poésie avec un petit coup de folie « free » !
Noam Lemish est un pianiste et compositeur qui a vécu dans le nord de la Californie, a enseigné la musique au Bhoutan (vraiment pas commun !) et vit à Toronto où il enseigne aussi. Il présente ici son huitième album.
Sundar Viswanathan, le saxophoniste d’origine indienne a joué et ou enregistré avec quelques pointures du jazz dont Wynton Marsalis, Lee Konitz ou Dave Holland.
Andrew Downing et Nick Fraser sont également des musiciens aguerris et très demandés.
Mes morceaux préférés :
« Song for Rona » et « Song for Milly » : 2 jolies pièces pour ses nièces où Noam Lewish fait preuve de maîtrise aussi bien dans la tendresse que dans les échappées plus vives et libres où le suivent en harmonie saxo de Sundar Viswanathan (particulièrement éloquent sur le deuxième morceau) et une rythmique bien dosée de tous les instants de Andrew Downing et Nick Fraser.
« It was there all along » : Comme cette pièce composée il y a 20 ans et restée dans ses carnets. Sensibilité à fleur de peau du piano et de la contrebasse caressante.
« San Francisco is my Copenhagen » : Le voici le coup de folie free qui fait tout exploser : au départ le « time no changes » où le tempo est scandé sans accords (si cher à Miles Davis notamment) puis le piano se libère, le saxo de Sundar s’anime en hautes volutes aériennes improvisées, la contrebasse et la batterie rajoutent leurs créativités à l’oeuvre…Les 4 au top édifient cette belle réussite !
« There’s beauty enough in being there » : Noam a été inspiré par les poèmes du Portugais Fernando Pesoa pour composer cette ode au savoir regarder et profiter de ce qui nous entoure sont abordés avec lyrisme, douceur.
« The Poignancy of Now » : Influencé par un thème du compositeur allemand Robert Schumann, cette invitation au « Ici et maintenant » sautillant, jazzy à souhait révèle le bel équilibre de ce quartet et les soli éloquents de chacun.
« Kadrin Gatshor (2) » : Cet air du folklore du Bhoutan que Noam au piano adapte en jazz avec brio est magnifié par les enluminures au bansuri (flûte traversière indienne en bambou) de Sundar.
Bref un album lumineux à découvrir !
https://noamlemish.bandcamp.com/album/theres-beauty-enough-in-being-here-2






