
Photo Géraldine Gilleron au Cuvier de Feydeau, Artigues-près-Bordeaux octobre 2024
Daniel Zimmermann à l’Astrada de Marciac
Par Annie Robert
29 07 2026
Que voilà un concert sympathique….. !!!! Je sais !! Quand on qualifie quelque chose de sympathique, cela signifie parfois gentil, aimable, un rien passable. Écoutable quoi…mais sans plus. Mais là, pas du tout …
Le concert est sympathique vraiment, on se sent très vite,proche de ses quatre beaux musiciens, en empathie. On se dit qu’en plus de leur talent, ce sont sûrement des personnes intéressantes et qu’on irait volontiers boire une bière avec eux. Non seulement leur musique est sensuelle et poétique, malicieuse parfois, grave à certains moments entre violence contenue et douceur troublante mais elle est complexe, foisonnante tout en restant abordable. Sûrement parce qu’il y a dans le discours musical et la présentation des morceaux une distance amusée, une dérision joyeuse, un humour assumé.
Daniel Zimmermann est un tromboniste de premier plan, on le sait, avec une carrière foisonnante de rencontres et de partages ( Nougaro, De Pourquery, Manu Dibango, Stéphane Seva ou Vincent Peirani). Au fil des années, il a développé un style profondément personnel, alliant l’expressivité originelle du trombone à un phrasé fluide et virtuose, mais sans ostentation. Le son est clair, doux et perçant à la fois, proche d’une voix humaine. Le discours, comme compositeur ou comme soliste, est celui d’un mélodiste avant tout, qui chante ( on en aura un aperçu au rappel) et cherche à aller droit au cœur.
Et ça marche. On se laisse aborder, envelopper, porter entre jazz, groove, rythmiques puissantes et textures sonores inattendues. Et puis le set est à l’image de sa vie, de nos vies, entre des hauts et des bas des «Montagnes russes» comme le titre d’un des morceaux, des souvenirs d’enfance «Papillon» ou de jeunesse «Maximiseurs de Pi », des douleurs «Come home» des espoirs «Notre île» etc.…
Il est accompagné de trois musiciens magnifiques : Pierre Durand à la guitare inspirée, matinée de blues ou de rock sauvage, et qui peut se faire choriste délicat et parsemeur d’arpèges ; Élise Blanchard à la basse, qui alterne dans une rythmique pleine de surprise, le groove et l’émotion et Julien Charlet à la batterie à la fois solide, furieuse et minimaliste, sachant tout exprimer.
Quelques reprises pour le plaisir «Yellow moon» ou «Bonnie and Clyde», revisitées, déstructurées, détachées des habitudes, un morceau poignant sur le Rwanda, des réflexions sur le climat «New Zealand Bunker» ajoute profondeur, joie, recul et engagement s’il en était besoin.
Un brillant rappel avec la participation du saxophone inspiré de Léa Ciechelski du groupe Franges, nous tourneboule dans un final sonore brillamment accompli. Mais qu’il est chouette ce concert, mais qu’on est bien avec eux !! Avec son fond mélodique, sa maîtrise expressive, Daniel Zimmermann Quartet arrive à embarquer le plus grand nombre sans perdre son âme.
Voici de la musique complexe et chaleureuse, un bijou divinement sympathique au sens le plus noble du terme.

Album Cover © DR



