Soulac’n Jazz 2026 # 3/4

Par Philippe Desmond, photos François Laroulandie et Maurice Grall

Le temps passe trop vite au festival Soulac’n Jazz, déjà la moitié de passée ! Dernier gros week-end de la saison ici, la braderie en témoigne.

Samedi 22 août

Le off : Get 7 Brass Band

Front de mer

Raphaël : soubassophone
 / Cédric : grosse caisse / Olivier : caisse claire / Florian : trombone / Cédric : trombone / Alexi : saxophone / Mathieu : trompette / Fabien : trompette
Encore un autre genre de jazz pour le off, le Brass Band, groupe en principe itinérant, à New Orleans menant les « second lines » et les défilés. Ces formations ont évolué, s’adaptant au fil du temps aux musiques en vogue, au funk, à la soul, à la pop. Le Get 7 Brass band nous vient du sud, Dax, Bayonne, on y retrouve des membres du Bokalé Brass band formation concurrente et néanmoins amie. Le concert commence avec le brass band sur scène, sans sonorisation – pas la peine – et de suite les riffs qui jaillissent, la musique qui normalement entraîne tout le monde… Mais ici le public de passage est timide – sauf les enfants venus du Club Mickey – et puis c’est le matin, l’esprit de fête n’est pas encore bien réveillé, on est loin des ambiances surchauffées des ferias du sud, alors les musiciens finissent par descendre et là on peut dire que ça commence vraiment. Les artistes mêlés au public invitent à la danse, à la joie. Standards de NO, titres funkies, tubes de Bill Withers à la sauce fanfare, ça y est c’est parti pour un joli moment de liesse. C’est ça aussi le jazz !

Rencontre Jazz & Vins

Conférence d’Alex Dutilh avec des producteurs locaux.
L’an dernier Alex Dutilh avait présenté une conférence-dégustation musicale sur le même thème mais avec des vins rouges du Médoc, cette année place aux vins blancs qui sont en train de revenir en force dans la région avec une appellation Médoc Blanc créée en 2025, évolution du goût du public et du marché oblige. Revenir, car autrefois le Médoc produisait pas mal de blanc. Alex dédie cette conférence à Michel Portal qui dans son dernier album avait composé « Mister Pharmacy » car il prenait beaucoup de médoc(s). Le fil rouge – ou blanc en l’occurence – de la conférence sera le titre « Days of wine and roses » successivement interprété par Peggy Lee, Dizzy Gillespie, Maria Schneider Big Band. Alex pour chaque cru présenté et goûté (!) a associé un titre . Pour le Pélican du château Doyac rien de mieux qu’un titre de Barney Bigard avec son Pelican trio ! Pour le blanc de noir du château Castéra pourquoi pas le « Dinning alone » (drinking en l’occurence) de Carla Bley… Et évidemment pour le cru l’Alouette du château Labadie et ses quatre cépages un quartet de rêve avec les jazz Messengers et leur « Skylark », alouette en anglais !
Point commun entre les vignerons et les musiciens de jazz, ce sont des têtes chercheuses toujours à la recherche de nouveautés, de nouvelles voies selon Alex.
Un très bon moment avec un nombreux public ; tu parles il y avait de bonnes choses à goûter !
Deux artistes exposaient à l’occasion du festival, Isabelle Theveneau et ses portraits de jazz art déco ainsi que Floriane Messina et ses aquarelles au Bleu de Lectoure

Le in : Mathias LÉVY quintet “Chant Song”

Grand Prix de l’Académie Charles Cros

Mathias LÉVY : violon / Lou TAVANO : chant / Laurent DERACHE : accordéon / Sébastien GINIAUX : guitare, violoncelle / Jean-Philippe VIRET : contrebasse

Du jazz sans tambour ni trompette est-ce toujours du jazz ? Django nous l’a démontré sans équivoque qu’en est-il de ce soir. Mêler chansons populaires à une formation de cordes acier, boyau, nylon ou vocales, associée à un accordéon explore une autre voie, difficile à classer mais où l’improvisation, l’interplay, l’énergie nous montrent que l’arbre du jazz n’a pas fini de donner de nouvelles pousses. Et si on appelait ça tout simplement de la musique, de la belle musique ?

Ainsi une musicienne et quatre musiciens vont-ils nous embarquer dans un univers poétique, mélancolique parfois, rythmé de valses lentes souvent, sur des textes de Jacques Prévert, Blaise Cendrars, James Joyce… C’est Lou Tavano qui chante et vocalise avec délicatesse portée par une formation où les sons se fondent pour une sonorité inédite. Mathias Lévy maître du violon, Sébastien Giniaux aussi épatant au violoncelle qu’à la guitare manouche, le légendaire Jean-Philippe Viret concentré comme jamais et le virtuose de l’accordéon Laurent Derache ajoutant son timbre si caractéristique. Concert qui nous enveloppe et qui avec le titre « L’espoir » se termine dans une énergie trépidante d’une beauté magique. Surprise au rappel pour ceux qui ne connaissent pas l’album, avec « Tous les cris les SOS » une reprise de Daniel Balavoine dans une version assez bouleversante.

Bravo à Roman Zaborski qui a parfaitement sonorisé cette formation originale.

Chronique 1/4

Chronique 2/4