Soulac’n Jazz 2026 #2/4

Par Philippe Desmond, photos François Laroulandie, Maurice Grall (goûter jazz) et PhD

Vendredi 21 août

Le off : MISSWING Quintet

Front de mer

Ory MINIE : chant / Ludovic GUICHARD : guitare
/ Léonie HEY : contrebasse / Antoine FILLON : batterie / Alexandre JIAN : saxophone
Rendez-vous devenu traditionnel à 11 heures sur l’Esplanade des Girondins, en front de mer. Dans le groupe Misswing nous retrouvons quatre musiciens bien connus dans la région (et au-delà !) mais accompagnés d’une chanteuse que nous découvrons, Ory Minie. Avec des origines tahitiennes puis une carrière de chanteuse assez courte à Paris elle est désormais installée au lac d’Hourtin où elle tient avec son compagnon le restaurant Lacabana Pizza . Il y a quelques mois elle fait la connaissance de ces musiciens qu’elle a rejoints sur scène et voilà une carrière qui redémarre. Vu le talent (très bon scat aussi) et la présence scénique qu’elle a, c’eût été dommage qu’elle abandonne totalement le jazz vocal ! Orie et ses quatre excellents musiciens vont nous offrir un concert du tonnerre ! Le répertoire est éclectique, de la bossa nova de Jobim, aux standards en passant par le blues d’Abbey Lincoln, Bill Withers, Sting et même une chanson de ses Iles Marquises, c’est un très beau concert auquel ont assisté les nombreux touristes et résidents de la station balnéaire. Sur le second rappel sur « Just the two of us » la chorégraphe Marie-Hélène Plassan a même entraîné le public dans une danse collective joyeuse partagée par la chanteuse. Bravo à ces cinq musiciens pour ce grand moment.

Goûter Jazz : « Et si le jazz m’était conté »

O’SISTERS Gospel Blues : les chanteuses Carla Closier, Elisabeth Closier, Corinne Becker / Michel Logvenof : guitare / Jean-Marie Peyrin : saxophone ténor / Thierry Dubreuil : guitare / Mario Perreira : batterie / Marie-Hélène Plassan: chorégraphe

Les enfants ont aussi leur place dans le festival, chaque année un goûter musical leur est offert dans la salle socio-culturelle. « Et si le jazz m’était conté » projet ambitieux en moins d’une heure mais surtout une manière d’emmener les enfants au jazz par la danse, le mouvement. Plus d’une cinquantaine sont présents dont ceux du légendaire Club Mickey de la station (que leurs parents ont eux-même souvent fréquenté dans leur jeunesse !). La toile de parachute proposée par la chorégraphe Marie-Hélène Plassan va instantanément aspirer les enfants au son du Gospel joué par le O’Sisters Gospel Blues. Au frappé de la batterie de Mario Perreira les enfants vont apprendre à suivre un rythme, à marquer des breaks puis vont danser au rythme du swing joué par tout le groupe. Une ambiance de fête, quelques graines de jazz semées par-ci par-là , un succès.

Le in : TREK QUINTET

Lauréat du Grand Prix du Jury, prix FIP au Tremplin Action Jazz 2026
Antton ARMANTIER : claviers / Sébastien RAZAFINDRAGOLO : guitare / Maxime CHEVALIER : trombone / Pierre BOUCHARD : batterie / Nankouma LESAGE : basse
Le festival Soulac’n Jazz et Action Jazz sont partenaires et de façon active. Ainsi chaque année les organisateurs viennent-ils « faire leur marché » au tremplin de janvier pour intégrer un ou deux groupes à leur programmation. Merci à eux de soutenir ainsi les jeunes talents en train d’éclore et d’avoir compris notre démarche en ce sens.
Soirée en deux temps avec tout d’abord Trek quintet. Un trombone et une guitare en leaders, une rythmique puissante clavier/basse/batterie pour un univers qui leur est propre. Une certaine austérité avec des mélodies complexes parfois déroutantes pour un public non initié nous enveloppe. Avec eux il faut lâcher prise, se laisser emporter dans les méandres de leur compositions originales tantôt poétiques, tantôt violentes. C’est bien que des goupes de jeunes musiciens osent ainsi s’éloigner de la facilité qui inonde réseaux et plateformes et laisser les « musiques » créées par l’IA aux oreilles paresseuses.

Le in : L’ALBATROS

Prix de la Note Bleue au Tremplin Action Jazz 2026

Emilien PIETRELLI : guitare / Mathis BASTOS : piano / Paul-Alexandre LHOMME / Ephrem MAIRESSE : batterie

Après une pause « snacking » comprise dans le prix du billet, place au groupe qui, s’il n’avait pas remporté le Grand Prix, avait le plus séduit le public, l’Albatros. Leur projet musical découvert au tremplin se veut poétique autour d’un voyage deu grand oiseau, de ce qu’il ressent, de ce qu’il vit. Ephrem lance le récit « Un demi regard… » les autres enchaînent, guitare et piano inventent le reste de l’histoire, discutent, disputent, la rythmique ronfle gros. Dès le premier titre ont voit à qui on a affaire, d’excellents jeunes musiciens, le plus vieux, pardon, le moins jeune a 21 ans. L’écriture est travaillée mais tellement accessible, piano et guitare ont beaucoup de choses à raconter, de fort belle manière avec sensibilité romantique ou fougue. Le swing est là lui aussi, régulièrement, nous rappelant que c’est du jazz et du bon même. Un régal. « Respire, respire… », Ephrem se lance dans un flow, des allitérations habiles. Le public est accroché, comprend la musique, la respecte, ne l’interrompt pas par les applaudissements, souvent obligés ou systématiques. « Au dessus de la surface… » Voilà c’est fini. Bravo à ce quartet pour cette musique aboutie et maîtrisée.

Chronique jour 1/4