Olivier Ker Ourio
« Life as it is »
Par Vince
Continuo Jazz
Après deux albums enregistrés en duo, « Serendipity » (2024 avec Quentin Dujardin, guitare), et « Affinities », (2025 avec Manuel Rocheman, piano), l’harmoniciste revient avec un opus enrichi d’un quartet !
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Cette fois, Olivier Ker Ourio prend le risque de se mesurer à la richesse rythmique et harmonique d’un plus gros équipage : les inséparables Benoit Sourisse à l’orgue et André Charlier à la batterie tiennent la barraque, que Mathis Cordier (guitare) et Andy Narell (steel drum) viennent colorer.
Avec ce nouvel arsenal sonore, le réunionnais au patronyme breton nous évade du gris de l’hiver métropolitain.
Son souffle chromatique, qui n’a jamais sonné aussi libre et ensoleillé, nous embarque sous les tropiques. « Choc » Jazz Magazine d’avril, cet album de 13 titres est un passeport pour la world jazz aux accents de la Caraïbe, du Brésil et de l’Océan Indien.
Dès « Cap la Houssaye » (au nord-ouest de la Réunion), l’harmonica chante et enchante avec une fluidité touchante, porté par le son limpide de Mathis Cordier. Benoit Sourisse et André Charlier forment un écrin rythmique dansant absolument parfait, tout au long du projet, toujours présent mais jamais pesant. Andy Narell, guest de luxe, glisse son steel drum reconnaissable entre mille sur « Tropical Butterfly » et « Kossa La Fé ». Ces titres chaloupés évoquent des rivages tropicaux, des nuits exotiques qui sentent bon les alizées.
« Coco’s smile », « Ker Konyé », « A 380 » sont à la fois des titres très évocateurs du projet et des ballades faites pour nous emporter toujours plus loin, avec douceur, simplicité et générosité.
Bref, sur des mélodies fluides qui groovent élégamment, l’harmonica de Ker Ourio livre une série de tableaux aux tons frais et colorés, des dessins naïfs sauce créole, un peu comme si le Douanier Rousseau jouait du Toots Thielemans !
« 150 ANS » rend hommage au regretté guitariste Sylvain Luc. La douce mélodie, juste soutenue par 6 cordes, quelques coups de balais sur les peaux et de fugaces nappes d’orgue, est d’une exquise beauté.
Le titre éponyme du CD, « Life As It Is » révèle tout le métier de Ker Ourio ; cette ultime ballade introspective où l’harmonica respire comme on soupire, souligne sa quête aboutie d’une signature sonore et stylistique personnelle unique.
Pour autant qu’il est accessible, le propos est vraiment profond et réfléchi.
L’album Life As It Is confirme Ker Ourio comme l’un des harmonicistes les plus singuliers du jazz hexagonal.
L’ensemble du projet respire la joie, un bonheur retrouvé, parfois un brin mélancolique, mais jamais triste ; c’est un jazz souriant et généreux qui met chaque musicien en lumière sans jamais verser dans l’exubérance gratuite, ni la technique.
Chacun fait sa part du beau et de l’harmonie qui se dégagent à chaque piste, dans un souffle vital commun. C’est une musique qui fait du bien, tout à fait idéale pour accompagner les beaux jours qui arrivent.







