Big Band du Conservatoire de Mérignac
Par Philippe Desmond, photos Frédéric Boudou.
Salle de la Glacière, Mérignac lundi 11 mai 2026
Les Conservatoire et écoles de musique se sont mis depuis pas mal de temps aux pratiques collectives, orchestres classiques, harmonies ou big bands jazz pour ce qui nous intéresse. Ces formations « pro-am » d’élèves, d’amateurs et donc la plupart du temps étoffées de professionnels, font ainsi vivre ces grosses formations que les contraintes économiques rendent rares. elles permettent surtout d’apprendre à jouer ensemble, à être solidaire musicalement et à prendre du plaisir ce qui n’est pas la moindre des qualités, la pratique solitaire de l’instrument ayant sa part d’ingratitude.
La formation de ce soir est donc un vrai big band avec à cour ses sections, saxophones, trombones, trompettes… et flûtes et à jardin sa rythmique. Un chanteur et une chanteuse viendront animer le tout, le thème choisi étant « les voix du jazz ».
C’est Rodolphe Russo professeur de flûte, qui dirige l’orchestre et nous commente les titres. Leur choix est éclectique fait aussi bien pour balayer différentes esthétiques et plaire au public en restant accessible.
Pour les musiciens amateurs (avertis) c’est aussi une chance de partager la scène avec des musiciens reconnus dont c’est le métier. Ce soir chaque section a ainsi son pro, François-Marie Moreau (Monk, Oakland, Nico Wayne Toussaint…) au saxophone et au chant (quel excellent crooner !) , Gaëtan Martin au trombone lui tout simplement le directeur du Conservatoire de Mérignac et leader du Crawfish Wallet, Franck Vögler (The Little Big Band, Sandrégo’s septet, Groove Catchers Extended…) à la trompette . A noter aussi Chloé Russo et Lucile Trougnou, respectivement professeures de flûte et de contrebasse du conservatoire.
Un big band ce sont des musiciens mais aussi des arrangements, des orchestrations, un gros travail, du chef d’orchestre en général ; c’est ce qui va faire la différence entre un orchestre qui sonne et un autre qui ne sonne pas. Ce soir ça sonne et bien même. Le collectif laisse aussi la place aux solistes, l’orchestre offre des nuances passant de l’énergie explosive à la douceur comme cette version de « Sunny » tout en délicatesse croonée par François-Marie Moreau. Camille Mély chanteuse amatrice nous proposera sa voix très agréable sur plusieurs titres dont le légendaire « Mas que nada », prouvant qu’on peut être étudiante en médecine et excellente chanteuse ; une voie (voix) vers la musicothérapie ?
L’orchestre a une belle dynamique, obéissant au doigt et à l’oeil à la direction très précise de Rodolphe Russo qui ne pourra s’empêcher, et à raison, de nous jouer aussi un solo de flûte.
Voilà un big band qui a tout à fait sa place pour des concerts ou des festivals ce qui je crois sera le cas en 2027 au Andernos Jazz Festival.








