10 ans du South Town – 2026 – 2/3
Par Philippe Desmond, photos Vincent Lajus (NB) , PhD, Franck Mage, Max Loubère. Cliquer sur les galeries pour agrandir les photos.
La semaine se poursuit au South Town Jazz Festival avec le début des concerts payants mais aussi des animations.

- Mercredi 25 mars
La soirée commence par une rencontre d’auteur avec Francis Lalubin qui nous présente son ouvrage sur le clarinettiste-cuisinier gersois qui était installé à New orleans, Jacques Gauthé (1939-2007). Devenu une sommité là-bas, musicalement et gastronomiquement, il rentrait de temps en temps en France jouer avec les copains locaux, notamment à Marciac. Il avait dû rentrer dans le Gers après avoir tout perdu lors de l’ouragan Katrina en 2005. Une intéressante découverte pour moi, pas pour le directeur musical du festival Guillaume Nouaux qui avait joué avec lui.
Adrian Cox et le South Town Jazz All Stars

Pour les dix ans Guillaume Nouaux a programmé des artistes qui avaient marqué le festival. le fabuleux clarinettiste Adrian Cox en fait partie. Guillaume a réuni autour de lui une équipe solide qu’il connait bien et ainsi est né le South Town Jazz All Stars une formation inédite pour un sextet qui n’a jamais joué ensemble !
Adrian Cox : clarinette, chant / Malo Mazurié : trompette / César Pastre : piano / Félix Hunot : guitare, chant / Sébastien Girardot : contrebasse / Guillaume Nouaux : batterie.
Adrian Cox il faut le voir – et l’entendre – pour le croire, c’est un clarinettiste qui marie une puissance incroyable avec une musicalité et un son qui n’en sont nullement affectés. Il fait de sa clarinette une arme de distraction massive. Au service de la musique jazz, celle qu’on qualifie à juste titre de New Orleans, il la magnifie en lui ajoutant sa propre énergie sans pour autant en gommer les finesses. Ce concert est une véritable fête, un festival à lui seul, bonheur communicatif sur scène, interplay permanent. Ces titres anciens « Muskrat Ramble », « Old Fashioned Love » etc. retrouvent une jeunesse bien vivante avec cette formation. Adrian et Malo dialoguent, bagarrent avec une vraie joie musicale. Malo me dira n’avoir jamais joué avec un clarinettiste aussi puissant, qui avec son instrument peut tenir tête à sa trompette. Edmond Hall, Sidney Bechet, ont leur héritier. Avec de tels solistes il fallait une rythmique du diable, elle l’est. Félix Hunot y trouve sa place chorusant joliment aussi, Sébastien Girardot égal à lui-même ne ménage pas son swing, quant à Guillaume Nouaux il nous délivre ce son NO vintage ponctué de coups marquants de sa grande grosse caisse. En rappel la délicatesse de « Si tu vois ma mère » pour nous faire revenir en douceur sur terre ; nous étions en effet satellisés jusque là.
Adrian Cox avait tenu à être là malgré son départ le lendemain pour une tournée de deux semaines en Australie et Nouvelle Zélande ; avec son assistant ils ont roulé toute la nuit vers Paris après le concert pour prendre l’avion dans la matinée ; la vie d’artiste que le public ignore souvent.

- Jeudi 27 mars
Three Blind Mice en balade
Le festival est bien intégré dans la ville de Soustons, depuis longtemps il va à la rencontre de certains publics : les enfants de l’école maternelle, de l’école primaire et les anciens de l’EHPAD locale. le groupe itinérant de cette année c’est « Three Blind Mice » le trio composé de Malo Mazurié (trompette), Félix Hunot (guitare) et Sébastien Girardot (contrebasse). Ils étaient la veille au soir dans le South Town Jazz All Stars pour un concert mémorable. Nous les avons suivi pour un concert entièrement acoustique à l’EHPAD où, au grand bonheur des pensionnaires et de jeunes enfants d’une école venus en invités, ils ont joué des standards qui parlaient à beaucoup. Ce trio qui a déjà sorti cinq albums est une formation magnifique qui vivaient une expérience itinérante pour la première fois. On les a sentis heureux de ce moment de partage particulièrement quand l’assistance s’est mise à fredonner avec eux « La vie en rose » ; un moment très émouvant.
https://blog.lagazettebleuedactionjazz.fr/three-blind-mice-a-thing-in-your-life/
Masterclass avec Vincent Balse
Chaque année les classes CHAM Jazz du collège ont droit à une masterclass. Celle-ci est un peu particulière car elle les prépare au concert du soir avec Bridget Bazile, où les jeunes musiciens vont participer en chorale et avec leurs instruments. C’est le pianiste Vincent Balse qui après leur avoir donné des conseils pertinents pour leur approche de la musique puis retracé l’histoire du Gospel et des Spirituals a répété avec eux et le reste du groupe (Bridget Bazile, Théo Fardèle, Matthieu Chazarenc et Monique Thomas) le répertoire du soir. Apprentissage des paroles, en anglais bien sûr, musique et harmonies, une vraie séance de travail.
Bridget Bazile enflamme le festival

Bridget Bazile : chant / Vincent Balse : piano et direction musicale / Théo Fardèle : basse / Matthieu Chazarenc : batterie / Monique Thomas : choeur.
La Diva du Gospel (référence à son passé de chanteuse lyrique alors qu’elle n’a rien d’une diva, sinon le talent, alliant simplicité et gentillesse) avait enthousiasmé le public du festival en 2019 et Guillaume Nouaux, le directeur artistique, avait envie d’offrir à nouveau ce cadeau. Il n’a pas fallu longtemps pour que l’assistance soit embarquée par l’énergie de Bridget Bazile enchaînant les titres de Gospel, de blues, de work-songs et de spirituals dont beaucoup sont passés dans le répertoire universel et populaire ; « Down by the Riverside », « Joshua fit the battle of Jericho » …
« Amazing Grace », « Nobody knows the trouble I’ve seen », « What a Wonderful World »ont montré que Bridget a une voix pure transmettant ainsi l’émotion, tout comme dans ce titre légendaire de Sam Cooke plein d’un espoir désespéré « A change is gonna come « . La communion avec la salle est totale, on se questionne, on se répond, les morceaux terminés sont relancés avec ferveur par les musiciens qui portent la chanteuse (ou l’inverse !) . Un piano leader magnifique avec Vincent Balse, la basse bien groove de Théo Fardèle et la chance d’avoir Matthieu Chazarenc aux baguettes pour un soir. n’oublions pas les harmonies de Monique Thomas ici en choriste mais elle aussi est capable de retourner une salle entière.
Les collégiens musiciens ont ensuite rejoint le groupe sur scène pour quelques titres en chorale avant un final flamboyant avec cette fois leurs instruments et « Oh when the Saints… » Un grand moment de liesse.


Encore deux jours de festival !
A suivre…
Galerie photos
Adrian Cox sextet par Franck Mage
Adrian Cox sextet par Max Loubère
Bridget Bazile par Franck Mage
Bridget Bazile par Max Loubère







