Eddie Dhaini Quartet

Par François Laroulandie

 Bordeaux ce 25 avril 2026.

Le désormais incontournable Tremplin Action Jazz qui a lieu chaque année au Rocher de Palmer (la prochaine édition, la quatorzième, est d’ores et déjà programmée pour le 16 janvier 2027) permet à de jeunes formations jazz sélectionnées en Aquitaine de se produire dans des conditions professionnelles. Les lauréats bénéficient ensuite de partenariats avec un certain nombre de scènes régionales.

C’est le cas du quartet formé autour du guitariste Eddie Dhaini, distingué lors de la dixième édition, qui a eu l’occasion de se produire sur la scène du Festival Les 24 Heures du Swing de Monségur ainsi qu’au Festival Jazz & Garonne à Marmande en 2023, et au Festival Jazz 360 en 2025. Ils étaient programmés en concert privé ce 25 avril près de Bordeaux, l’occasion pour moi qui ne les connaissais pas encore, de les découvrir.

Eddie Dhaini, guitare, compositions / Loïc Guenneguez, trompette, bugle / Aurélien Gody, contrebasse / Baptiste Castets, batterie

D’entrée de jeu je suis happé par l’atmosphère que ce quartet cultive, en toute discrétion. Des mots éclosent au gré des notes : musicalité, élégance, complicité, douceur, énergie, émotion, jeu. Car ils jouent, pour le plaisir avant tout, le leur et celui du public venu partager une parenthèse qui fait du bien.

Le premier titre ‟A Pedroˮ installe une douce mélodie syncopée aux accents caribéens, soulignée par les percussions finement ciselées du batteur Baptiste Castets et la contrebasse assurée de Aurélien Gody. Et ça s’envole en chorus et riffs, Loïc Guennedez au cuivre incisif dans ses attaques et velouté dans son phrasé. Eddie Dhaini est tout en nuances, la précision, la recherche de la note idéale, de l’émotion pure.

Ensemble ça respire l’équilibre, la concentration sous une apparente décontraction, certainement l’effet d’une complicité mutuelle. Les titres s’enchaînent, les compositions de Eddie (l’élégant ‟Sedonaˮ) et celle du batteur Baptiste, un ‟Monsieur Blakeˮ au tempo retenant sa respiration, balais caressants, trompette en circonvolutions comme introspectives, les frontières du free ne sont pas si éloignées, et pourtant ça reste parfaitement accessible.

Se référant au guitariste nord américain Julian Lage, Eddie aux accents discrètement orientalisants emmène son monde à le suivre, d’enthousiasmants solos tout en finesses (‟Howeverˮ) laissant à chacun le loisir de s’exprimer, trompette, batterie, contrebasse sculptant le groove sur ‟De La Vegaˮ, puis une reprise, un arrangement sur le ‟I Willˮ des Beatles, une mélodie simple qui laisse la place à de beaux développements jazz.

Le set se termine sur un titre évocateur, l’arabisant ‟Snake Charming Couscousˮ ! Un set où la virtuosité est au service du plaisir et de l’émotion, là réside sans doute le pouvoir de la musique. Eddie Dhaini Quartet, à suivre…

Set list : A Pedro / Sedona / Monsieur Blake / However / De La Vega / Ligne 13 / I will (The Beatles) / Snake Charming Couscous.