Sylvain Ransy
« Fingerprint »
Par Philippe Desmond
Sylvain Ransy : piano / Zacharie Abraham : contrebasse / Arnaud Dolmen : batterie
Invités : Nicolas Attie : guitare / Sylvain Joseph : saxophone / Joachim Des Ormeaux : percussions / Béatrice Civaton : voix
Un lundi soir, il y a quelques petites années, j’étais passé à la légendaire jam de François Constantin au Baiser Salé où était invité Mario Canonge. En arrivant François m’annonce que Mario avait dû partir à cause d’un deuil dans sa famille et que Sylvain Ransy, que je ne connaissais pas, le remplaçait. Une déception… qui n’a pas duré longtemps, j’ai tout de suite compris qu’on avait affaire à un excellent pianiste dans la lignée de ses grands collègues antillais, Alain Jean-Marie, guadeloupéen comme lui ou Mario et Grégory Privat de la Martinique voisine.
Le voilà donc ici avec cet album « Fingerprint » rempli d’un jazz solaire riche et mélodieux. La formation est un trio avec deux figures du jazz actuel international Arnaud Dolmen et Zacharie Abraham !
Le ton est donné dès le premier titre « Fingerprint » une mélodie chaleureuse, une rythmique vive sur laquelle se promène le piano ou danse quelques pas de valse. Sur le titre suivant « Song for Oscar » (Peterson) le sang guadeloupéen qui coule dans les veines du pianiste se manifeste, la biguine vient se montrer mais avec discrétion, la rythmique s’emballe un peu propulsant le piano dans des climats ensoleillés. Quel beau pianiste que Sylvain Ransy !
J’adore l’envoûtante « Jana » son thème qui tourne, virevolte sur une rythmique nerveuse
Le trio a quelques invités tout au long de l’album, sur « Road Trip » un chœur d’enfants qui vient ajouter sa verve joyeuse. Des amis musiciens sont aussi de la fête, le guitariste Nicolas Attie dont les cordes viennent éclairer « Inner Voice » , le saxophoniste Sylvain Joseph qui enjolive la ballade « Fanm Matado » , Joachim Des Ormeaux qui dynamite « Evolution » d’un tempo effréné. Béatrice Civaton vient conclure l’album avec le trio, de sa poésie évoquant l’inquiétante diablesse des traditions locales « Kenbwazèz »
Sylvain Ransy a toute sa place dans le jazz, ne se cantonnant pas à sa culture originelle qu’il revendique, mais s’ouvrant à un jazz universel et de très belle qualité.






