Soulac’n Jazz 2026 # 4/4
On
Par Philippe Desmond, photos François Laroulandie et PhD
Dimanche 23 août
Et voilà, c’est déjà le dernier jour du festival, demain on aura le blues…
Le off : CALLAGAN Quartet

Conférence Jazz & BD par Alex Dutilh avec Blutch

Alex Dutilh adore le jazz, on le sait, le vin, on l’a compris hier mais il est aussi fan de bande dessinée, d’où l’idée de cette conférence. Quand il dirigeait le magazine mensuel Jazzman les couvertures étaient souvent composées par des dessinateurs de BD. Un de ces dessinateurs y avait aussi une page mensuelle, c’était Blutch. Il est là aujourd’hui pour ce duo avec Alex. Le jazz a fait l’objet de pas mal de BD dont un échantillon nous est proposé ici. Première passerelle avec Schulz le créateur de Peanuts auquel Wynton Marsalis a consacré l’album « Jo Cool’s Blues ». Loustal avec « Barney et la Note Bleue » qui a relancé la carrière musicale de Barney Wilen en lui donnant un coup de fouet. Les albums plus ou moins biographiques comme « Billie Holiday » de Munoz, « Mingus » de Joos, « Monk » de Youssef Daoudi, « Jeangot » de Yohan Sfar et Clément Oubrerie où Django est représenté en renard, « Miles Davis » de Jacques Fernandez. Blutch nous présente bien sûr son album, compilation de toutes ses chroniques pour Jazzman, l’album « Total Jazz » magnifiquement illustré. Enfin une série manga japonaise d’Ishizuka vient conclure la présentation. La plupart des albums présentés ont pu être achetés grâce à l’efficacité de Corinne, la libraire emblématique de Soulac présente avec un stand. Très intéressante conférence, musicale aussi avec des titres en rapport avec les artistes cités, Blutch nous montrant lui aussi sa passion pour le jazz.
Le in : Jean-Pierre COMO et Javier GIROTTO « Parfum d’Azur »
Basilique Notre-Dame de la Fin des Terres

Jen-Pierre COMO : piano / Javier GIROTTO : saxophone.
Le dimanche soir depuis la première édition de Soulac’n Jazz en 2023, c’est la basilique Notre-Dame de la Fin des Terres, sauvée de l’ensablement quasi total à la fin du XIXè siècle, qui accueille les festivaliers pour un concert acoustique intimiste : en 2023 Dominique Fillon (piano), Sylvain Gontard (bugle) et Akémi Fillon (violon), en 2024 Géraldine Laurent (sax) et Laurent de Wilde (piano) en 2025 Pierre-François Blanchard (piano) et Thomas Savy (clarinette basse).
Cette année c’est le duo Jean-Pierre Como et Javier Girotto qui vient nous faire humer son « Parfum d’Azur » parfaitement adapté à ce lieu. Cette création originale née dans la salle des Dominicains à Saint-Emilion en février 2025, rencontre depuis un beau succès. Là encore les « puristes » du jazz ne vont pas se sentir chez eux , les deux musiciens le savent. Jean-Pierre Como précise que leur musique est classique avec la liberté du jazz autour des mélodies. Elle est très écrite mais les improvisations sont là, on les devine aux regards échangés avec leurs demandes implicites, « où m’emmènes-tu ? »… Valses, sonates de piano, caresses de sax baryton ou grondements, fulgurances sonores de soprano ou apaisements sautillants et tendres. Javier Girotto se lance sur « Parfum d’azur » dans une improvisation en totale liberté, montrant ce qu’un petit saxophone soprano a comme possibilités, infinies. Le piano se fera jazz plus tard, certains retrouvent leurs références ; tout cela est de la musique, tout « simplement ». L’acoustique du lieu, les lumières qui habillent merveilleusement la nef, tout participe à rendre ce moment particulier, magique.
Le titre de Jean-Pierre Como « Bonheur caché » avec sa si jolie mélodie jouée à la flûte des Andes, vient illuminer la fin de ce concert et clôturer en élégance cette très belle édition du festival Soulac’n Jazz.
Remerciements
Tout d’abord merci et bravo à Philippe Catherine et Elisabeth Kleinemas qui ont inventé ce festival par passion et envie de la partager. Ils sont organisateurs mais aussi mécènes. Certes quelques partenaires les aident, la ville aussi mais cela ne suffit pas, les jauges de la salle Notre-Dame et de la basilique ne sont pas énormes.

Ils ont su s’entourer d’une équipe d’une vingtaine de bénévoles tous sympathiques, présents et prévenants. Qu’ils en soient remerciés, ils ont une belle part dans le succès du festival.
Ici l’organisation est d’un grand professionnalisme. Novelty met à disposition un excellent plateau technique. Bravo aux techniciens lumière et son avec à leur tête Roman Zaborski qui n’est autre que le régisseur général du Bal Blomet à Paris et qui fait un travail exceptionnel.
Rendez-vous donc en août 2027 comme annoncé par Philippe et Elisabeth en clôture du festival. Ils ont déjà des idées pour la programmation.





