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Kei McGregor’s Band & the Bushmen, la fête chez Alriq

Par Philippe Desmond, photos Géraldine Gilleron et PhD

Kei McGregor : trompette, percussions, voix, direction musicale, arrangements / Aurélien Matifas : percussions / Eric Dambrin : batterie / Marc Mouchès : sax alto / Vincent Lefort : sax ténor / Benjamin Pellier : basse / Rija « Rits » Randrianivosoa : guitare, voix / Camille Humeau : clarinette. Invité final : Ewa Tohinnou : guitare, chant. https://keisband.jimdofree.com/

Grosse saison encore à la Guinguette chez Alriq malgré les difficultés liées aux incendies de juillet qui même ici ont eu des conséquences. Cinq concerts annulés, dont quatre reportés en septembre, suite à un arrêté préfectoral pas très clair interdisant les spectacles en plein air au plus fort de la catastrophe ; le site est resté ouvert mais sans concert… Mais les autres soirées, non gâchées cet été par la pluie – on la regretterait parfois – ont fait le plein. C’est encore le cas ce samedi pour la soirée Groove’n’ South Africa avec Kei McGregor’s Band & the Bushmen, une programmation tout à fait dans l’ADN de la Guinguette, mêlant jazz et world music, l’Europe et l’Amérique à l’Afrique.

La piste de danse, au tout début occupée par les enfants fascinés par les huit musiciens, va vite se remplir au rythme inplacable du groupe, au groove prenant. Ce groupe est une machine (bien humaine) à faire bouger avec ses membres généreux qui, sans round d’observation, vous entraînent avec eux.

Kei McGregor est le fils du légendaire pianiste Chris McGregor qui avec d’abord The Blue Notes en Afrique du Sud puis la formation Brotherhood of Breath créée à Londres en 1969 lors de son exil forcé faisant suite à ses prises de positions actives contre l’apartheid, lui a laissé un héritage musical. Kei a vécu dans le Lot-et-Garonne avec sa famille, Chris y disparaissant en 1990 à l’âge de 53 ans, quasiment l’âge actuel de Kei. Ainsi Kei à la trompette – qu’il a appris grâce à sa femme qui souhaitait la première en jouer – perpétue la tradition familiale, musicale et militante contre le racisme et toutes les formes d’injustice.

Le groupe, sorte de fanfare jazz colorée, sait avec ses thèmes aux mélodies qui tournent, retournent, vous entraînent vers les transes des musiques africaines. Même si les thèmes sont parfois graves, la musique se veut joyeuse, remplie d’une énergie solaire communicative. Regardez les magnifiques photos de Géraldine Gilleron qui a su capter ces moments de liesse. Pour ceux qui aiment les étiquettes ce n’est pas vraiment de l’afro-beat, certes cela s’en approche, c’est du « Cape Jazz » disait-on à l’époque de Chris, un mix de musique afro et de jazz américain. La piste de danse est pleine et la musique arrive à couvrir les infrabasses électros monstrueuses à 120 bpm venues de l’autre rive et du festival Pagaille sur la place des Quinconces ; ici ce n’est pas la pagaille c’est la joie.

En rappel Kei invite le guitariste-chanteur (aussi percussionniste) originaire du Bénin et vivant à Bordeaux, Ewa Tohinnou. Celui-ci partage avec Kei six de ses musiciens et de suite nous voilà partis vers des rythmes encore plus africains, la piste de danse s’enflammant davantage. Ewa et son rire légendaire, sait s’y prendre pour faire chanter le public qui instantanément entre dans son jeu. Avec ces deux titres supplémentaires voilà plus de deux heures quinze de concert dans une guinguette bondée, joyeuse et bruyante comme jamais !

Vous pouvez retrouver Kei McGregor comme membre actif au théâtre Le Levain à Bègles : https://theatre-levain.fr/

Ewa Tohinnou : https://www.facebook.com/ewa.t.tohinnou/

The Bushmen : https://www.facebook.com/bushmen33

Avec Ewa Tohinou