
Alexis Martin Ensemble – Les Pôles – volume 1
Par Pierre-Yves Miroux
2026 – Alexis Martin Productions
3 étoiles
Personnel :
Alexis Martin : batterie, percussions, claviers, synthétiseurs Moog, programmation
Emie R. Roussel : piano, claviers, Fender Rhodes
Mathieu Désy : Contrebasse
Marie-Josée Frigon : saxophone ténor, saxophone baryton, clarinette basse
Jean-François « Fafoui » Gagnon : trompette, bugle, trombone à piston
André Leroux : saxophone ténor, saxophone soprano, flûte
Sheila Hannigan : violoncelle
Titres :
1 – Entre le boom et l’écho
2 – Novembre
3 – Apprends moi
4 – Le glissement des pôles
5 – La dune du Pilat
6 – C’est ton âme, ou il pleut ?
7 – Pimbina
Alexis Martin, batteur et compositeur Montréalais, signe ici son premier EP (7 titres). Ce n’est pas un débutant dans le domaine musical (35 ans de carrière), il a accompagné de nombreux artistes québécois (Isabelle Boulay, Charlebois, entre autres), et s’est orienté depuis une vingtaine d’années vers la composition de musique de films.
L’album s’ouvre avec « Entre le boom et l’écho », magnifique morceau au groove apaisant. Alors, on le sent tout au long du disque, Alexis Martin compose, beaucoup pour l’image. Néanmoins, beaucoup de titres de l’album se suffisent à eux même, ils ont leur identité propre.
Ce titre en fait partie. On s’y sent très bien, les chorus piano, trompette et saxophone, aériens, forment une suite très équilibrée. On est déçu qu’il se termine. Une très belle ouverture.
« Novembre », avec une introduction toute en douceur, annonçant un thème simple, mais intense. Un titre doux, les vents à l’unisson sur des accords de piano discrets. Une belle ballade.
« Apprends-moi », titre avec la même atmosphère que le précédent.
« Le glissement des pôles », où le violoncelle apparaît, lui aussi surprenant de douceur, peut être le titre le plus « jazzy » de l’album.
« La dune du Pilat », avec quelques trilles de piano et de clavier électronique, un unisson de trompette et de saxophone, on y est, les gravelots, oiseaux de la dune sont là, accompagnant l’océan face à ce terrain fragile. Un morceau très expressif, là encore, on voit des images de cette dune, le banc d’Arguin en face, et l’océan, omniprésent.
« C’est ton âme ou il pleut ? », ouverture très mélancolique sur quelques accords au piano, alors oui, l’ambiance n’est pas à la franche rigolade, en tout cas, pas tout le temps, mais le titre est très expressif. « Pimbina », clôt cet EP, titre plus sombre, un enchaînement d’accords de piano très expressifs, le violoncelle apportant sa part de mélancolie.
Ces titres évoquent des paysages, plutôt les bords de mer, en tout cas, évoquant la douceur, la nostalgie, et émeuvent avec des harmonies accessibles, très émouvantes. Les instruments jouent très feutrés, en retenu, très expressifs, notamment les vents. Il se dégage de l’album une sensation de paix, de sérénité, emprunte de nostalgie par moments. En tout cas, la musique d’Alexis Martin nous emporte loin. Une belle surprise, car on ne connaît pas forcément très bien la scène jazz Québécoise. Un volume 2 devrait rapidement suivre.
https://alexismartin1.bandcamp.com/album/les-p-les-volume-1-2





