Rix & Wonderland au jeudi du jazz de Larural

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat

Créon, jeudi 15 février 2024.

L’inquiétude d’une salle pas assez remplie comme juste avant Noël (trop proche de Noël et peut-être une date avancée pour ce concert en 2024) s’est vite estompée, ce soir c’est plein ! Plein comme les assiettes préparées par les efficaces bénévoles de l’association Larural servies dès 19 heures pour ne pas perturber le concert une heure plus tard. Dégustation de vin bien sûr et c’est parti pour le Pays des Merveilles de Rix & Wonderland, celui où la soul, le funk , le jazz se mêlent.

Rix qu’on connaît aussi pour ses qualités de chanteur, crooner – Sinatra n’a aucun secret pour lui – comme guitariste de jazz swing-manouche est un aussi amoureux de George Benson, de Prince, de Maceo Parker, de soul en général. Son dernier album Totem dans ce style de musique vient juste de sortir et ce soir nous en avons la primeur. Mais c’est avec « The Mascarade » de George Benson qu’il ouvre le concert ; il en possède le son de guitare, la manière de chanter et revendique cette filiation. Les contrepoints de la trompette de Jérôme Dubois répondent à la guitare ajoutant une note jazz. La rythmique est solide mais encore assez tranquille sur ce titre ; Xavier Duprat aux claviers qui ne va pas tarder à se déchaîner, Pascal Fallot faux impassible à la basse et Stéphane Desplat qui remplace avec brio Olivier Léani.

Echauffement terminé, on peut y aller à fond avec « Megamob » de la soul musclée à la rythmique marquée mais toujours de la mélodie. Funky funky nous scande Rix voilà « Soul in my pocket » aussi du dernier album Totem, éclairé par la trompette sur une rythmique un peu lazy. Benson on l’a vu mais Prince aussi (Rix en joue parfois une concert entier, je vous le recommande) avec « Alphabet St. », pas la plus connue du kid de Mineapolis et on revient à Totem avec le tonique et groovy « That’s the way ».

Tout cela donne envie de bouger de danser mais la configuration de la salle en mode cabaret, la composition du public qui souvent vient ici en sachant passer une bonne soirée mais sans forcément savoir ce qu’il va entendre, font que ça manque de répondant. Les « Ca va Créon ? » lancés par Rix reçoivent de timides réponses alors que tout le monde s’accordera à dire qu’il avait apprécié le concert. Alors sur scène ça s’active, ça envoie ! A notre table c’est sûr on se régale.

Une surprise est annoncée, c’est Valentin Foulon-Balsamo qui surgit à jardin pour le titre « Let him out » de Maceo Parker ; et oui il fallait bien un saxophoniste pour enflammer ce morceau, il ne va pas s’en priver.

Après la pause dessert, toujours ici, les cinq et parfois six lascars vont nous faire groover avec eux, égrainant les autres titres de Totem ou faisant resurgir le plus ancien et superbe «Strong and heavy».

Rappel réclamé très fort, surtout au fond où finalement ça dansait. Quelques pas de « Mia » marseillais, quelques mesures, non, ils ne vont pas le jouer ? Fantaisie, l’intro est quasiment la même que le « Give me the Night » de George Benson qui secoue maintenant la salle ; tube interplanétaire et intemporel ; 1980 déjà ! Dernières bagarres guitare, trompette, sax avant d’arriver à se séparer, Rix faisant durer le plaisir, le nôtre mais visiblement aussi le leur.
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