Quentin Dujardin

« Saison Orange »

Par Philippe Desmond

Agua Music : https://www.aguamusic.be/
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Quentin Dujardin : guitares nylon, baryton et slide – basse – percussions – compositions – arrangements/ Didier Laloy : accordéon diatonique / Nicolas Fiszman : basse / Manu Katché : batterie. / Invité : Mathias Eick : trompette (01)

Il y a quelques mois j’avais rencontré le guitariste belge Quentin Dujardin lors du Anglet Jazz Festival et il s’en était suivi cette chronique de quelques uns de ses albums : autour du guitariste quentin dujardin 3 albums

C’est donc avec plaisir que je découvre ce nouvel album Saison Orange

Le revoilà en quartet et parfois en solo, sauf sur le premier titre où le trompettiste Mathias Eick vient colorer ce morceau au beat quasi disco et au groove gaillard, où la guitare arrive à se glisser avec délicatesse.

Délicatesse, le dénominateur commun aux interventions de Quentin Dujardin, finesse, élégance, un jeu clair sans esbroufe. C’est son style. S’appuyant sur une rythmique impeccable avec ses fidèles Nicolas Fiszman et Manu Katché, épaulé par l’accordéon diatonique de Didier Laloy, Quentin nous propose ses mélodies apaisées et contrastées.

Le voilà en solo comme par exemple « Janette sur son cheval » ( Il faut que ce soit un Belge pour ne proposer sur son album que des titres en Français… Bravo ! ) est-ce du jazz de la guitare classique, qu’importe, l’oreille est flattée, heureuse de recevoir cette offrande. « Argile » et « Vivace » un peu plus loin nous donneront les mêmes sensations.

S’il fallait un titre pour résumer cet album voilà « Saison Orange » débuté en solo de guitare puis rattrapé par la patrouille rythmique et le dialogue avec l’accordéon. « Douce » aussitôt après, confirme ce propos, avec ce son si particulier et agréable de l’assemblage des deux solistes.

« Septembre » nous emporte ailleurs vers un univers plus tourmenté au beat bien marqué, pas loin du binaire rock mais parfois réservant des surprises éthérées apaisantes.

Le dernier titre n’est pas une composition de Quentin, mais d’un de ses compatriotes, le maestro Stromae. « L’Enfer » est une chanson dramatiquement émouvante du chanteur belge. Certes ici les paroles tragiques ont disparu mais l’émotion est, elle, toujours là, dans cette guitare qui étale ses sanglots, ces cordes profondément tourmentées ; superbe.

Quentin Dujardin fait son chemin avec sûreté, tranquillité, si vous voyez son nom sur une affiche de concert allez-y. En attendant profitez de cet album.

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