Clin d’oeil sur Simon CHIVALLON, pianiste captivant de la scène Jazz française
Par Stefani STOJKU
Jeune Pianiste compositeur, Simon CHIVALLON s’impose au Jazz comme une révélation.
Une clarté dans le jeu, un chuchotement sous un souffle de notes, Il y a quelque chose de diffèrent chez lui…peut-être cette fougue qui nous entraine dans sa course ou alors cette maîtrise qui nous retient.
De peintures musicales en symphonies picturales, difficile de ne pas être touché par la douceur et l’authenticité qu’il procure.
Une carrière qui prend corps, ce jeune musicien s’empare ainsi de la scène parisienne en se produisant dans des clubs tel que Le Duc des LOMBARDS, SUNSIDE. De nombreuses collaborations aux enregistrements studio, Il a notamment joué avec Rick MARGITZA, Irving ACAO, Marc THOMAS ou encore Simon MOULLIER.
Véritable coup de cœur pour l’artiste, il n’en est pas moins pour « FLYING WOLF », son premier album qui se place déjà dans les meilleures playlists Jazz du moment. Simple confirmation d’un talent affirmé.
Action Jazz en parle sur sa chronique « des coups de cœur » musicaux sur La Gazette de MARS, qui sortira d’ici quelques jours.
Avec son prochain album en tête, ce doux rêveur ne s’arrête pas, alors abandonnons-nous les yeux fermés et laissons-nous guider au gré de ses projets les plus inattendus.
- Le piano ?
C’est tout simple. Il y en avait un chez moi alors j’ai commencé à jouer…
Ensuite j’ai pris des cours et j’ai découvert le jazz. J’ai aussi fait du classique mais c’est vraiment le jazz qui m’a donné envie de faire du piano. D’ailleurs, Il y avait un CD de Monty Alexander qui trainait en trio avec Ray Brown que j’ adorais. Je ne pense pas qu’il n’y ait eu pas un moment précis où j’ai décidé de me consacrer à la musique. Ça s’est fait petit à petit.
- Ton style ?
Du Jazz… Je pense qu’on essaie tous d’être singuliers. Prendre des infos par-ci par-là, relever des morceaux qu’on aime et puis faire la mixture de tout ça pour avoir son propre style. J’y travaille mais je ne l’ai pas encore totalement trouvé.
- L’artiste qui suscite ton attention ?
Il y en a plusieurs. En ce moment comme pianistes j’écoute beaucoup Kevin Hays, Danilo Perez, Aaron Parks…
- L’artiste avec qui tu rêves de jouer ?
Il y en a beaucoup trop. Tous ceux que j’écoute. Sans exception.
©AlainPelletier
- L’évolution du jazz ?
Je suis assez puriste… ça dépend ce qu’on entend par jazz. Quand il y a de l’improvisation et qu’on part de mélodies simples pour en faire des variations, il y a plein de manière de le faire. Il y a de nombreuses branches qui partent et vont vers d’autres styles aussi. Le jazz, au final, c’est plus une manière de jouer qu’un style du coup je ne trouve pas vraiment qu’il y ait d’évolution. Ça représente tout le milieu dans lequel on vit alors forcément…
- Là, tu as sorti ton premier album « FLYING WOLF ». Tu nous en parles ?
Il y a déjà 10 mois…ça prend du temps de sortir un album. Depuis ces dix derniers mois, j’ai continué à travailler… Au jour d’aujourd’hui, je le vois plus comme une captation d’un moment de ma vie, d’un répertoire de l’époque et d’une manière de jouer qui, je pense, a changé maintenant aussi.
L’enregistrement s’est fait en une après-midi, en live, tous dans la même pièce :
En une journée de studio, pas possible de faire des montages, pas possible non plus de tout refaire s’il y a une mauvaise note. Tout est figé.
J’ai invité sur cet album Julien ALOUR et Baptiste HERBIN en plus d’avoir eu la chance de travailler avec de superbes musiciens comme Antoine PAGANOTTI à la batterie, GERAUD PORTAL à la Contrebasse et Boris BLANCHET au saxophone ; des musiciens que j’ai vraiment choisis pour jouer sur cet album-là.
- La présence du saxophone sur l’album ?
J’ai voulu cette présence pour exprimer mes compositions. Un peu comme une peinture, j’avais besoin d’une certaine couleur que je ne pouvais donner avec le piano.
©FatihaBerrak
« Une mélodie très simple peut devenir quelque chose de très beau »
- La composition ?
Ce sont des compositions très simples, je voulais que ce soit quelque chose d’organique, de spontanée. Une musique qu’on peut jouer, sans répéter…c’est pour cela aussi que j’ai choisi ces conditions de studio, très axées sur la trance, afin d’y entendre les sons acoustiques.
La compo est assurément influencée par ce que j’écoutais, la musique de COLTRANE surtout.
Tous les morceaux sont simples. Je pense que le meilleur moyen de s’exprimer souvent part de choses simples et avoir une mélodie très simple peut devenir quelque chose de très beau. Après c’est la manière dont tu la joues qui va la faire chanter et la rendre pertinente. D’ailleurs les compositions étaient axées là-dessus. C’est pour cela que j’ai choisi ces musiciens, c’est pour ça que j’avais besoin de Boris au sax, afin qu’il y ait quelque chose de plus expressif, plus chanté.
De plus en plus, je veux me diriger sur des choses simples pour faire la musique que j’entends.
- Le choix des morceaux ?
Je voulais que ce soit un ensemble, l’ordre était réfléchi à l’avance. Au fur et à mesure que j’avançais dans mes compositions, je voyais qu’il manquait telle ou telle pièce. J’ai composé certains morceaux pour que ça s’emboite avec le reste et que ça crée une certaine logique.
- Et le choix de titres ?
Chaque morceau à une histoire. « 4 flowers » c’est un clin d’œil à un autre morceau de Mc COY TYNER, que j’adore, qui s’appelle « 3 flowers » tout simplement parce qu’il y a 3 points d’ancrage harmonique, 3 tonalités. J’ai repris le même schéma harmonique mais avec 4 tonalités et je l’ai un peu adapté à ma sauce…
Mister G, c’est un solo de contrebasse. Le contrebassiste s’appelle GERAUD donc je l’ai appelé ainsi.
Après, tous les autres- j’en reviens encore à la peinture- c’est partir d’une image, d’une idée, et essayer de l’illustrer à travers la musique.
« FLYING WOLF » c’est parti d’une image ; le loup, je trouvais ça fort symboliquement aussi.
©JulienSanine