Festival Jazz 360 : deuxième série de concerts
Du Hip Hop au Brass Band !
par Philippe Desmond, photos Géraldine Gilleron et Philippe Marzat (cliquer sur les photos pour les agrandir)
Vendredi 7 juin à St Caprais de Bordeaux
Ultra Light BlazerJ’avoue ne pas être un grand fan de hip-hop et c’est avec une certaine retenue que je viens représenter Action jazz à ce concert, cette fois dans la ville de Saint-Caprais de Bordeaux, une des sept collaborant avec le Festival Jazz 360,Les élèves de la classes de 3ème du collège de Monségur ont animé l’apéritif et le repas passant juste entre trois gouttes de pluie. Quelques belles promesses parmi eux.La jolie salle, un ancien foirail, est bien clairsemée cette année, l’affiche ayant pourtant été choisie pour attirer un public jeune. En effet du jazz certes mais hip-hop. Le mot jazz est-il vraiment une barrière pour beaucoup, on se pose la question. Ultra Light Blazer ce sont quatre compères déjà mûrs, des quadras et qui depuis quelque temps ont intégré un MC, un chanteur scandeur de Hip-Hop donc, Edash Quata. Aux compos et au sax ténor Jonas Muel, à la batterie Julien Sérié, à la basse Guillaume Marin et au clavier Mathieu Debordes.
Jonas Muel, qui va s’avérer être bourré d’humour, nous explique l’esprit de leur musique, celui du chat qui court après les souris ! Il est vrai que souvent on va assister à des poursuites musicales épiques où un sax enflammé domine. Ce soir nous dit-il, ils vont orienter le concert vers un peu plus de jazz ; J’imagine certains tenant des traditions et à l’esprit un peu fermé assistant à ce concert, ils n’auraient pas tenu longtemps. Les développements hard-bop sont là de temps en temps mais on est plus proche de l’univers d’un Franck Zappa, de No Jazz, du funk, de la fusion et même de James Brown lors d’un final brûlant. Voir et entendre un MC souriant alternant chant et spoken words est aussi un atout loin de certains de ses collègues agressifs et grandiloquents. Le public finira par se lever, danser, chanter à l’invite d’un MC sympathique à qui on ne peut guère résister ! Belle découverte que ce groupe, le live pour ça c’est épatant, quel dommage que nous ayons été si peu.
Samedi 8 juin à Langoiran
SaxtapeNous voilà cette fois sur le quai de Langoiran au bord d’une Garonne bien pleine en ce moment. Qu’il est beau ce lieu, en particulier le soir au couchant. Nouveauté cette année, pas de food truck mais une guinguette en bois des plus accueillantes qui a pris la place habituelle de la scène. Mais pas de soucis celle-ci est juste à côté permettant ainsi aux convives de suivre le concert.C’est le « big band sans cuivre » Saxtape qui est l’affiche du soir. Cinq sax du soprano au baryton avec Julien Deforges, François-Marie Moreau, Bertrand Tessier, Giordano Muto et Cyril Dumeaux, une rythmique avec Stéphane Mazurier au clavier, Nicolas Veysseyre à la basse et Didier Ottaviani. Avec tambour donc mais sans trompette ni trombone, que des bois ; ils sortiront même les clarinettes. D’ailleurs le premier titre joué, issu de leur album « Side A », s’intitule « Reed Suckers », les suceurs de roseau essence dans laquelle est faite l’anche des instruments, du bois donc. Ils vont nous proposer l’intégralité de cet album composé par des grands noms du saxophone ou de la composition, Pierre Bertrand, Stan Laferrière, Stéphane Guillaume, Thomas Faure (Electro Deluxe) Bob Mintzer. Ce groupe a un son bien à lui avec ses riches harmonies de sax dans les différentes tessitures, ses arrangements habiles et ciselés, ses chorus généreux, le tout sur une rythmique impeccable. Rappel demandé et obtenu malgré la menace d’un orage qui finalement passera son chemin. Toujours un très bon moment en ce bord de Garonne et en plus avec de tels musiciens c’est encore mieux. https://saxtape.didier-ottaviani.com/
Dimanche 9 juin à Quinsac
Nous voilà au dernier jour de ce festival commencé le 30 mai. Les bénévoles commencent à tirer la langue mais l’enthousiasme est toujours là. Et le dernier jour est toujours une fête. Miracle, il fait beau !A midi, un chœur d’enfants accueille les festivaliers sur les marches de l’église. L’occasion d’entendre un joli « Jazz et la Java » et le plaisir de voir des tous jeunes plonger dans un répertoire différent de ce qu’ils peuvent écouter habituellement.Puis surgit le Bokalé Brass Band, un Marching Band (fanfare en français) haut de gamme qui nous plonge à New Orleans et à ses musiques de rue. Formation à géométrie variable elle est aujourd’hui composée d’Olivier Vernhères (caisse claire), Julien Lavie (grosse caisse, cymbales et tournevis), Pascal Drapeau (trompette), Julien Deforges (sax alto), Cyril Dubilé (trombone), Camille Eissautier (sousaphone) et Romain Luzet (banjo). Après les agapes les festivaliers partiront en cortège et en musique derrière eux pour une vingtaine de minutes de marche vers un joli bois de pins au sommet d’une verte colline. https://www.karakoilproduction.com/bokale-brassband

