CONCERT DE daoud + ALKALSAAT
Par Cédric Pichot, photos David Bert
LE 24 SEPTEMBRE 2026
ROCHER DE PALMER A CENON, SALON DE MUSIQUE
PREMIERE PARTIE
ALKALSAAT
SHADEN NAHRA : violon / NASER RAED : batterie / MICHEL TOTRY : guitare et basse
Le rendez-vous était pris, il fallait y être ce soir-là, et on y est.
Un concert de daoud ne se rate pas, surtout dans la région, mais avant tout, place à la première partie du concert de ce soir. Et pas des moindres, car ici et ici même, le groupe palestinien, Alkalsaat, va se produire devant nous.
Trio mêlant jazz et musique improvisée, dans une fusion débridée, il invente leur jazz en y mélangeant tradition arabe et modernité sonore.
Le style est tinté de douceur planante et limite psychédélique, ainsi que de puissance rock, pouvant rappeler certains morceaux du « Mahavishnu Orchestra ».
Leur projet est comparé dans la presse à « Snarky Pumpy » ou « Vulfpeck ».
Leur concert démarre par un morceau très arabisant.
Ces tonalités sont apportées par le violon à cinq cordes, électrique de Shaden, le rythme est puissant et emmène l’auditoire vers une transe jubilatoire, ça commence fort. Ce premier morceau, de plus de six minutes, nous fait basculer dans leur univers.
Ambiance nu jazz.
Le morceau suivant confirme le talent des trois musiciens, précision du jeu, richesse de la composition.
Un solo de batterie tout en sobriété, nous montre toute la puissance du batteur, quelle retenue.
Quelques morceaux plus solaires vont se succéder, avant un final beaucoup plus dansant, et à la sonorité mêlant plus Jazz rock et métissage arabe.
Très belle découverte que ce premier set.
DEUXIEME PARTIE
daoud

daoud : trompette, claviers / Louis Navarro : contrebasse / Quentin Braine : batterie / Bastien Andrieu : claviers
Le concert est complet depuis quelques jours, voire semaines, et ce soir dans le salon de musique du splendide complexe du Rocher de Palmer, il commence à faire chaud, et ce n’est pas fini, daoud va nous mettre le feu, la fièvre ne fait que monter crescendo.
daoud (de son vrai nom Luc Klein Ben Abdelslam) est un trompettiste toulousain, d’origine franco-marocaine.
Il commence la trompette à l’âge de six ans, et se lance vraiment dans le jazz qu’après de multiples petits boulots.
Mais peut-on vraiment appeler ça du jazz, sans aucun doute, même si cela ne semble pas trop plaire au protagoniste, qui ne veut se coller aucune étiquette.
La preuve sur ses tee-shirts vendus au marchandising.
Souvent invité d’émissions culturelles, il est plébiscité par la chronique à multiples occasions, ses concerts ne passent pas inaperçus, et c’est autant un show musical qu’une fresque théâtrale.
Qualifié d’enfant maudit du jazz, il fait fi des commentaires et réussit à trouver sa place en mélangeant hip hop jazz et électro.
L’année dernière il sortait son second opus sur le label allemand ACT, « OK ».
Cet album a été une sélection Fip, et il fut disque de la semaine pendant l’émission Jazz à Fip.
Et c’est ce soir que nous avons la chance et le plaisir de pouvoir l’écouter ici.
Le concert commence avec un titre phare de son dernier disque, « plato’s twins », morceau très nu-jazz, le son de la trompette est rond et chaud, ça groove sans être condescendant, le thème est d’une clarté franche et très appréciable.
Ce premier opus développé plus longuement que sur le disque nous offre à découvrir le panel extraordinaire du trompettiste.
Pas de solo volubile qui perdent l’auditeur, mais une mélodie enivrante et accrocheuse.
Ça commence très fort.
Et comme sur sa galette, le morceau suivant est le même, « la fièvre », gros groove électro.
La place est laissée au clavier qui s’en donne à cœur joie.
Bastien Andrieu remplace au pied levé Thomas Perrier, excusé pour la soirée, et s’en avoir trop répété ensemble, il assure de mains de maître, la partie pianistique.
Saluant l’icône qui est John Coltrane, il aurait fêté ses cent ans à quelques jours près, il n’hésite pas à reprendre un morceau de l’auteur.
Le show va se poursuivre pendant plus d’une heure et demie, entrecoupé d’intervention plutôt drôle de daoud.
Mais ce soir c’est la musique qui réchauffe les cœurs et nul doute que daoud nous a mis KO, car si son disque s’appelle OK nous repartons à l’inverse.
Les morceaux joués ce soir seront en majorité issus de son dernier disque.
Concert jubilatoire et public conquis, je repars la tête dans les étoiles.
Artiste phare de la scène française, daoud a su plaire à son auditoire ce soir.
Merci au Rocher pour cette programmation.






