COBRA FANTASTIC

« ÉDIFICE WRECKS »

par Cédric Pichot.
Sortie le 22 mars 2024 chez CDZ

GUITARE, VOIX: DAVID GARLITZ

VOIX: SARAH-LANE ROBERTS

TROMPETTE, GUITARE: JOSHUA WOODSON

SAXOPHONE TÉNOR: DAVID PREZ

BASSE: BENJAMIN ASNAR

BATTERIE: KARL JANNUSKA

GUESTS: ALISON YOUNG, VOIX; NILS WEKSTEIN, PERCUSSIONS; LUCAS BROWN, CLAVIERS; THOMAS SAVY, CLARINETTE BASSE, SIMON TAILLEU, BASSE; EMMANUEL CAMY, BASSE

Si tu te réveilles tous les matins depuis plus de vingt ans avec le son des Funkadelic, ce disque est pour toi.

Évoluant sur la scène jazz parisienne, ce groupe tourne depuis plusieurs années, et cet album démontre le talent incontestable des musiciens.

Emmenée par David Garlitz, incroyable guitariste, la troupe du « Cobra fantastic », nous plonge dans un voyage cosmicoplanetairefunky.

Tout est là pour vous rappeler l’âge d’or de ce jazz funk si cher aux « Raoul Petite » pour ne citer qu’eux.

Aussi déjantés, aussi bons, aussi inventifs, évoluant dans leur monde, les dandys du jazz respectent le package, une bonne dose de rock, deux tiers de jazz, 4 cuillères de funk, et une pincée de bossa sans oublier les trois quarts de Groove bien sûr.

Car du Groove ça ne manque pas.

L’album est tout en déhanché, il donne envie de se lever et de danser, l’atmosphère y est prenante et on se laisse aspirer par cet opus.

Les treize morceaux nous embarquent dans un voyage de presque une heure, le premier, nous ouvre la voie de la planète 9, et de suite nous sommes transportés, aspirés, l’invitation est trop honnête pour la refuser. On fonce avec eux dans cet univers, rempli de funk, le combat sax trompette marque une force cosmique.

La suite permet d’écouter l’excellent percussionniste Nils Wekstein, peut être une ode à Shazam, mais les premieres notes nous guident directement sur le son de Pharoah Sanders, et si le créateur a le meilleur plan, ou le plan ultime, peut être que le dieu Shazam a la révélation …..allez savoir.

Mais en troisième position on pourra citer Zappa, car les rifs de guitares sont tels que les premières heures des Mothers of Invention, résonnent à nos oreilles émerveillées.

L’enchaînement se fait plus calme, d’un point de vue Groovy, mais le son du Rhodes relance la machine, l’énergie du clavieriste Thomas Savy se mêle aux voix qui peuvent faire penser à une BO de Tarentino.

Dans un univers psychédélique nos corps se déplacent en lévitation, la musique nous absorbe, nous voyageons ensemble.

Et grâce au vaisseau amiral de la horde, nous survolons et entrons dans cet univers funky jazzy.

Le reste du disque est tout aussi délectable, l’ambiance y est presque sale, crade pourraient dire certains mais au combien appréciable.

La trompette raisonne sur le septième morceau, entourée de percussions, le ton est donné, minimaliste.

Mais juste pour simple entracte….

On pensait être tranquille après ce répit mais la machine redémarre et le train roule à toute allure, le son rond de la basse de Benjamin Asnar confirme ce sentiment de roulis qui envahit.

Les rifs de trompettes annoncent aussitôt une fulgurance de la guitare et les sons se répondent, de longs chorus, chacun leur tour, sonnent merveilleusement.

La fin du voyage s’annonce et « COBRA FANTASTIC » nous dépose doucement sur notre lieu de villégiature, l’odyssée est terminée, et nous spectateurs d’une telle énergie sommes ravis.

Le but est atteint, nous toucher, car oui leur musique est engagée avec un vrai parti pris pour le jazz funk, mais à un niveau supérieur.

Allez écouter cette formation le 3 mai à la BOULE NOIRE.