André Ceccarelli

« Aux rythmes d’une vie »

Entretiens avec Daniel Dumoulin

Par Philippe Desmond

Editions du Layeur / Marque-Pages – lien : https://www.edtionsdulayeur.com/

Voilà un livre qu’on attendait mais qu’on n’espérait plus, une rétrospective de la carrière si riche – et loin d’être terminée – d’André Ceccarelli, Dédé pour tous les intimes de sa musique. Un livre d’entretiens avec son collègue batteur Daniel Dumoulin*; quand Dédé rencontre DD.

André Ceccarelli, fils de batteur d’orchestre à Monte-Carlo est tombé dans le chaudron de la musique dès sa naissance, si ce n’est avant, accompagnant dans son ventre sa mère aux concerts du papa.

Des thés dansant niçois de ses 14 ans à sa quasi panthéonisation de son vivant actuelle, que de chemins parcourus, chemins au pluriel je souligne. A 16 ans à Paris avec les smokings et les grosses bagnoles américaines des Chats Sauvages de Dick Rivers, la découverte des clubs de jazz mais surtout l’éloignement difficile à vivre et à manger de la vache enragée ; à 18 ans de retour sur la Riviera avec l’orchestre d’Aimé Barelli à Monte Carlo ; à 21 ans la période italienne pour du rock avec les Pinranhas ; à 24 ans de retour à Paris pour 10 ans de frénésie d’enregistrements en studios avec toute la variété française et même internationale (la liste est impressionnante) et les premiers pas dans le jazz. Et soudain le corps qui craque.

Retour quelques mois après et cette fois avec des choix plus raisonnables dans sa carrière et du jazz ! Dee Dee Bridgewater pour une longue collaboration, Ray Charles, Aretha Franklin , et ses premiers projets personnels avec Sylvain Luc, les Brecker Brothers, tant d’autres et toujours des collaborations prestigieuses, Nougaro, Starmania… La suite de sa carrière ? Vous la lirez dans ce très bel ouvrage qui évoque aussi le métier de batteur et sa technique, les rencontres, la famille, l’évolution du métier…

On découvre un batteur universel, sans frontières, un homme sincère et passionné, qui n’a pas d’ennemi dans le métier et qui n’en veut pas, resté modeste et humble malgré un fabuleux CV de musicien.

La dernière partie du livre est une discographie illustrée de 50 albums (il faudrait plusieurs tomes pour qu’elle soit complète, environ 3000…) majoritairement jazz, élaborée et commentée par le pianiste Bernard Lassalle.

Un livre indispensable pour ceux qui ont déjà entendu jouer André Ceccarelli, c’est-à-dire tout le monde !

* Daniel Dumoulin, né à Bayonne en 1960, a dirigé pendant trente-cinq ans l’école de batterie Dante Agostini de Toulouse et durant treize ans est intervenu au département musicologie de l’université Jean-Jaurès de la ville rose. Il a monté un spectacle extraordinaire que j’ai eu l’occasion de voir, Ali Baba et les quarante batteurs ; oui oui, 40, il faut le voir pour le croire. Il a publié aux éditions du Layeur « Dante Agostini, une vie tambour battant » et « Batteurs en 150 figures ».

DD et Dédé