Yves Carbonne Sextet – (Pas) doucement les basses !
Par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.
Yves Carbonne : guitares basses / Shob : guitare basse / Freddy Buzon : trompette, bugle / Thomas Lachaize : sax alto, ténor, baryton / Stéphane Mazurier : claviers / Anthony Breyer : batterie.
Dernier des quatre volets du festival Jallobourde cet évènement itinérant aux sources de la Jalle et de l’Eau Bourde. Etape cette fois à Martignas-sur-Jalle la ville qui donne ses ailes au Rafale chaque jour. La cité a pris de l’expansion comme nous le précisera Yves Carbonne, le leader musical de la soirée, qui originaire du lieu et y vivant à nouveau après avoir parcouru le monde, allait ramasser les champignons à l’endroit où est construite la salle Gérard Philipe où nous nous trouvons.

Louis Gilly, le coordinateur du festival, présente la soirée avec Jérôme Pescina, maire de Martignas sur Jalle
Il y a deux ans et demi Yves Carbonne sortait son cinquième album Tales of the Reconstruction et ce soir le concert en est la restitution sur scène. Equipe renouvelée par rapport au disque, seul le désormais très très rare Freddy Buzon ( quel dommage ! ) est encore là, mais pas d’inquiétude on connait bien le reste de la troupe, ils vont assurer grave, très grave avec deux bassistes en effet ! Mais Yves est-il un bassiste ou un guitariste qui joue des guitares basses ? Il assume en effet la fonction de soliste en plus de nous délivrer un bon groove. Shob est donc là pour assurer plutôt la rythmique mais, comme sur le premier titre, il jouera aussi des parties mélodiques..

Nous voilà dans un univers musical qui nous ramène aux belles années – et à ma jeunesse – de ce qu’on appelait le jazz rock, celles où les instruments électriques se sont mêlés aux plus traditionnels du jazz. Un certain Miles Davis en a été un des passeurs de la tradition à la modernité électrisée, il est presque là ce soir par sa doublure historique bordelaise, dans le son, l’attitude, les postures ; Freddy Buzon bien sûr : « Low and Slow » lance le concert dans un orage de basses et une énergie prenante.
Une partie de la salle semble impressionnée après une première partie très classique, oui c’est du jazz ça aussi, loin des standards proposés en première partie par l’atelier jazz de l’école de musique locale. Une autre partie du public est, elle, constituée de ceux qui suivent Yves Carbonne depuis longtemps, il faut en effet bien viser pour l’entendre, il est rare dans le coin lui aussi.
Les titres de l’album vont s’enchaîner au gré des changements de guitare basse d’Yves. 4 cordes, 6 cordes et les 12 cordes de cette merveilleuse guitare basse à tessiture étendue (sa désignation précise) au son venu d’ailleurs qui lui a été fabriquée sur mesure. « Detachment » une ballade au son médiévalo-futuriste nous la présente.
Viendra « Focus », un beau duo insolite encore, sax baryton / basse, un dialogue d’Yves avec Thomas Lachaize qu’on est heureux de retrouver ici parmi sa carrière très éclectique de la pop au classique.
Le concert sera ponctué de quelques solos de basse contrastant avec les titres collégiaux où souvent la verve des soufflants portés par une rythmique intergalactique vous pénètrent le corps. C’est un univers contrasté dans lequel nous sommes plongés, celui d’Yves Carbonne, passant d’un certain intismisme à une frénésie proche de la transe. On aurait d’ailleurs aimé qu’il prenne la parole pour nous expliquer un peu sa démarche.
Pour le second titre du rappel le sextet va nous offrir une très belle version du « Red Baron » de Billy Cobham un titre de 1973, 53 ans et toujours aussi vert le baron rouge !
Un vrai plaisir que de retrouver la musique d’un Yves Carbonne très bien entouré.

Voilà, le 17ème festival itinérant Jallobourde est terminé. rendez-vous en janvier 2017 à Cestas, Canéjan, Saint Jean d’Illac et Martignas. Merci à ces villes de poursuivre cet événement initié par notre ami Louis Gilly toujours à la coordination.
Galerie photos de l’atelier jazz
Galerie photos du sextet d’Yves Carbonne







