SRDJAN IVANOVIC
BLAZIN’ QUARTET
« COSMOGONIE »
par Cédric Pichot
Production : Rue des Balkans / Distribution : L’autre distribution
Sortie le 27 mars 2026
Andreas Polyzogopoulos : trompette / Frederico Casagrande : guitare / Mihail Ivanov : double basse / Srdjan Ivanovic : batterie
Ce quartet, formé par le batteur Srdjan Ivanovic, sort aujourd’hui son cinquième album.
Originaire de Sarajevo, Srdjan vit aujourd’hui à Paris, les tourments et les conflits bosniaques l’ont forcé à fuir vers la Grèce, alors qu’il était juste enfant.
Les quatre membres que forment ce groupe sont tous originaires du bassin méditerranéen, Andreas est un trompettiste grec, Frederico un guitariste italien et Mihail quant à lui, est bulgare.
Et de ce fait, le choix s’est imposé aux yeux, ou plutôt aux oreilles du compositeur, la cosmogonie ou la naissance de l’être humain et pourquoi pas, au travers de la mythologie grecque antique.
Donc, le point commun de ces quatre artistes et d’avoir grandi dans la même zone géographique, et en quelque sorte d’avoir une culture similaire, cela fait un bon point de départ.
La musique des Balkans n’est jamais très loin, et c’est un jazz acéré qui nous est proposé.
Srdjan a eu une révélation.
A la suite d’un concert sur You Tube de Petter Molvaer, il s’est dit, que sur son prochain disque, il fallait raconter une histoire.
Que tous les morceaux doivent s’enchaîner, et ne faire qu’un à la fin.
Un disque qui s’écoute comme un opéra, une œuvre à part entière, telle une pièce de Magma, Miles Davis ou Coltrane.
Donc le défi est de taille, créer une série de morceaux qui s’articulent autour d’une même thématique.
Ça y est le décor est posé, et le voyage peut commencer, l’introduction du disque nous précipite dans le « Chaos », nom du premier opus.
La genèse du monde, mélange de rythmes africains, samplés sur machine, et de musiques de l’est, influences de ses peuples voyageurs.
La trompette d’Andreas sonne comme un navire qui quitte son port d’attache, les vrombissements des cymbales et le côté arabisant du thème annoncent le départ…
Morceau très court mais qui précipite l’auditoire pour la suite du voyage.
« Gaïa », est le nom du deuxième morceau, identifions cela à la « Déesse mère ».
On rentre dans le sujet, rythme fin et velouté, une ambiance un peu suave s’impose, on se sent emballé, la guitare de Frederico, d’une précision chirurgicale, évoque un jazz spirituel.
La suite nous entrainera dans un monde de plénitude, un morceau évoquant la pâte « ECM », vient nous plonger dans une profondeur de sons, tout en retenue, le jeu des balais du batteur est si délicat, que l’on se perd à la fin du morceau de sept minutes.
Ce disque a pour but de nous faire voyager, tantôt dans les airs, tantôt sur la mer, et souvent dans les montagnes.
Est-ce un monde que nous n’atteindrons jamais ?
Ou est-ce le début d’une nouvelle ère qui s’ouvre à nous ?
Un questionnement, des décisions, c’est tout ce qui nous est proposé sur ce disque.
Le disque s’écoute d’une traite
Le pari audacieux fait par l’auteur tient la route, et même mieux il nous régale.
Une œuvre à part entière, à écouter sans modération.




