Jazz et Garonne 2026

Par Philippe Desmond, photos des concerts et balances by Solange ©

Jeudi 24 septembre

Grappelli my Love

C’est le trio David Abeijon (violon), Eddie Dhaini (guitare) et Aurélien Gody (contrebasse) qui ouvre la 16ème édition du festival Jazz et Garonne organisé par l’association les Z’Arts de Garonne. Eric Séva en est le directeur musical. Notre photographe était présente au bar « Chez les Filles » où se produisaient les musiciens. Pas de rédacteur mais vous trouverez de nombreux articles dans ces colonnes sur ce magnifique projet rendant hommage à Stéphane Grappelli

Vendredi 9 octobre

Pierre Perchaud quintet « Fleur d’Immortelle »

Pierre Perchaud : guitares électrique et acoustique folk / Jules Regard : trombone / Christophe Panzani : sax ténor et soprano, clarinette basse / Tony Paeleman : piano et synthétiseurs / Stéphane Huchard : batterie

Pour ce projet, qui célèbre la fleur qui ne fâne jamais, le guitariste Pierre Perchaud s’est entouré d’un plateau de musiciens de premier ordre. « Picking the wind » lance délicatement le concert avec des sonorités pas forcément habituelles, le trombone de Jules Regard en avant, à ses côtés le son particulier de la clarinette basse de Christophe Panzani, rejoints assez vite par la guitare de Pierre Perchaud et le piano de Tony Paeleman ; Stéphane Huchard accompagne avec discrétion aux balais. Ballade légère avant « Echappée Belle » , celle de Pierre et de sa guitare sur un tempo enlévé et un quintet libéré. Voilà la « Fleur d’Immortelle » fragile pourtant comme le laisse supposer le thème, vite oublié avec le tonique « Go On » et une belle enflammade du quintet… Musique complexe que celle de Pierre Perchaud, jamais installée dans un confort mélodique, pleine de prises de risque, d’initiatives innovantes jusque dans le choix des harmonies ; ça désarçonne certains, ça emballe d’autres, du jazz libre – comme « New Old » – qui laisse la place à chacun, suscite les chorus les plus osés, les changements de climats surprises ; avec de tels musiciens tout est possible !

Mathias Lévy avec Lou Tavano « Chant Song »

Mathias Lévy : violon, chant, compositions / Lou Tavano : chant / Laurent Derache : accordéon, chant / Sébastien Giniaux : guitare, violoncelle, chant / Jean-Philippe Viret : contrebasse, chant

Action Jazz avait découvert ce projet insolite sur scène il y a deux mois au festival Soulac’n Jazz ; quand on regarde le line-up on peut être surpris de sa composition instrumentale et c’est ce qui finalement lui donne ce charme musical fou, cette sonorité si particulière. Cordes frottées, pincées, frappées, de violon, de violoncelle, de guitare, de contrebasse, cordes vocales, celles de Lou Tavano ; ajoutez les anches libres de l’accordéon et vous voilà ailleurs. « Chant Song » est bâti autour de textes de Jacques Prévert, Blaise Cendrars, Lou Tavano et … Daniel Balavoine avec cette merveilleuse version de de « Tous les cris les SOS » qui sera jouée en rappel et que j’ai toujours dans la tête trois jours après. Auparavant « L’Espoir » nous aura fait décoller de nos sièges, un titre aux paroles dures mais à la musique solaire. Cette musique – du jazz ? peut-être, peut-être pas – dégage une sensibilité extrême. musique qui demande un lâcher prise et que personnellement je déguste encore davantage à cette deuxième écoute en live. Un projet osé, courageux et réussi.