Stefano Di Battista, La Dolce Vita
par Vincent Lajus, texte et photos
Le Foirail, Pau le vendredi 27 février 2026.
Stefano Di Battista (saxophone) / Matteo Cutello (trompette) / Fred Nardin (piano) / Daniele Sorrentino (contrebasse) /André Ceccarelli (batterie)
Vous connaissez la classe à l’italienne ? Non ? Courez vite écouter Stefano Di Battista !
Le Maestro nous revient cette année en quintet, avec un répertoire issu de chansons et de mélodies de son pays natal (album « La Dolce Vita » – Warner Music Arts).
Entouré de pointures intergénérationnelles, le saxophoniste et compositeur transalpin nous a proposé en ce vendredi 27 Février 2026 et dans le cadre de Jazz à Pau, dirigé si artistiquement par l’ami Stéphane Kochoyan, un spectacle de très (très) haute volée, entouré de Matteo Cutello, trompettiste surdoué promis à un avenir glorieux, Fred Nardin au piano et aux arrangements si goûteux, Daniele Sorrentino à la contrebasse et, « la ciliegina sulla torta », notre légende nationale André « Dédé » Ceccarelli à la batterie.
La mise en bouche « Tu vuò fa l’americano » (Renato Carosone) donne le ton. La soirée sera italienne, romantique et festive ! Se succéderont ensuite les grands standards le la Botte, « Via con me » de Paolo Conte (avec plaisir !), « Caruso » de Lucio Dalla, ainsi que des musiques de film tels que « La vita è bella » (B.O. du film de Roberto Benigni) de Nicola Piovani, oscarisé en 1999 pour sa partition, un thème d’Ennio Morricone « La Califfa », et bien sûr le célébrissime thème de « La Dolce Vita » de Frederico Fellini, composé par le génial Nino Rota.

Entre chacun de ces airs quasi immortels, Stefano Di Battista fera preuve d’une maîtrise certaine de la comédie à l’italienne des années ’60, en transformant la salle du Foirail, comble comme à son habitude, en comedia del arte, sans les costumes mais avec cet humour piquant, tendre et parfois surréaliste, qui emmènera tous les spectateurs dans un show total.
Au-delà de ces facéties transalpines, il y eut de la musique aussi. Et quelle musique ! Sur des arrangements millimétrés et ciselés par Fred Nardin, le quintet a développé tous ces thèmes avec un goût et une élégance que ne renieraient pas les maîtres du jazz West Coast, ni ceux de la mode de nos voisins transalpins, d’ailleurs. Mais surtout dans ce répertoire, l’accent a été mis sur la cohésion, l’unité, et l’entremêlement des personnalités et des sons. Un contrepoint. Bien plus qu’une mise en valeur de chacun des musiciens par des chorus spectaculaires et démonstratifs, car ils sont tous excellentissimes évidemment, les thèmes ont constitué l’essence de partages émotionnels intenses et subtils, conférant à ce concert de nombreux moments suspendus, de ceux que l’on espère toujours ressentir en allant écouter des prestations de ce niveau.
Privilégiés nous fûmes ce soir, car la magie a opéré. Grazie mille maestri !



















