MARIO CANONGE – CALDEIRA

Par Pierre-Yves Miroux

5 étoiles 

2026 – AZTEC Musique

Mario Canonge : piano, rhodes, choeurs / Michel Alibo : Contrebasse , choeurs / Arnaud Dolmen : Batterie , choeurs

D’ores et déjà, avec une telle affiche , on a hâte de découvrir cette caldeira, deuxième disque du trio de Mario Canonge :

Mario Canonge, une déjà longue carrière, très prolifique, dans des styles très différents (fusion,jazz, salsa,musique antillaise,…), Michel Alibo, merveilleux bassiste, entre autre attitré du trop rare Sixun, Arnaud Dolmen, batteur multi récompensé, aux expériences très variées (jazz, zouk,…).

Ces trois là se connaissent depuis quelques temps, et cela se sent : les titres sont des modèles d’énergie équilibrée. Ils partagent des origines communes, les Antilles, et par là, des même sources d’inspiration.

Le saxophoniste américain d’origine haïtienne, Godwin Louis, accompagne le trio sur plusieurs titres. Le métissage musical dont il est pétri(Haïti, New York) apporte, en dehors de ses brillantes interventions, un équilibre sonore au disque.

Du swing parfois, du modern jazz souvent, des épisodes purement binaires, de l’émotion toujours, et surtout un élan de vitalité débordante ; d’ailleurs Mario Canonge l’annonce lui même : cet album « exprime un besoin impérieux d’extérioriser ce feu qui m’anime et qui vient nourrir ma musique ».

C’est ce que l’on ressent sur de nombreux morceaux : le feu doit sortir, de la même façon qu’il est sorti de terre pour donner naissance à une caldeira.

Le trio nous emmène subtilement dans son univers via un premier titre , »Rue du figuier », d’inspiration antillaise et au multiples ruptures rythmiques. S’ensuit « No discuss », avec l’apparition du sax, là encore, une rythmique chaloupée, intercalé d’épisodes purement swing.

L’ambiance est installée, le métissage est joyeux. « Woulé léw lé », toujours avec des accents antillais, et notamment des vocaux du trio ; Mario Canonge nous montre l’étendue de son talent sur un très beau chorus. Titre très emblématique de cet album. Arnaud Dolmen, très présent sur toutes les ruptures rythmiques, nombreuses là encore. » Stirring Giant », au thème très énergique, les 3 musiciens sont en parfait accord sur cet épisode swing au tempo très enlevé. On pense parfois à McCoy Tyner, Arnaud Dolmen nous laissant en plus littéralement sans voix sur son chorus. Avec « Fire Dance », changement d’ambiance, le saxophone réapparaît sur un thème et une rythmique plus intimistes surtout après le déluge d’énergie du titre précédent.

« Au pied du volcan », à l’ambiance plus énigmatique, plus douce, pour s’envoler vers une fin au thème trés lyrique. « Dark and deep », sombre comme indiqué, laissant la part belle à Godwin Louis. Avec « Mi Bab », suite à une introduction avec choeurs, on bascule dans le pur swing de nouveau. Arnaud Dolmen y est proprement éblouissant.

« Gospelée », retour au binaire , sur un thème joyeux, et encore de nombreuses ruptures rythmiques.

« Cyparis Flower », une ballade pour piano seul, et Rhodes. C’est le seul titre solo du disque. Un joli thème, simple, mélancolique, il arrive à point nommé, après le foisonnement précédent.

« Zanzolé » referme ce disque, avec un swing plus classique, chacun ayant droit à son chorus.

Cet album est une cure de jouvence, tant il regorge d’énergie, de créativité, et de sensibilité. Les 3 musiciens, des virtuoses de leur instrument, y sont en totale harmonie ; la musique y est parfois savante, mais toujours chaleureuse ; la biguine ne peut pas s’empêcher de pointer le bout de son nez très régulièrement, à notre surprise mais pour notre plus grand plaisir.

Liste :

1. Rue Du Figuier

2. No discuss

3. Woulé Lew Lé

4. Staring Giant

5. Fire Dance

6. Au Pied du Volcan

7. Dark and deep

8. Mi Bab

9. Gospelée

10. Cyparis Flower

11. Zanzolé

Lien You Tube :