
L’Albatros trio à la médiathèque de Pessac
Par Philippe Desmond
Pessac, samedi 14 mars 2026.
Emilien PIETRELLI : Guitare / Mathis BASTOS : Piano / Ephrem MAIRESSE : Batterie
Récent Prix de la Note Bleue en quartet et coup de cœur du public au Tremplin Action Jazz, le groupe l’Albatros, cette fois en trio, était l’invité du concert du mois de la Médiathèque Jacques Ellul de Pessac. Merci à cette structure et à Pessac Culture qui programment régulièrement des lauréats du tremplin.
Au récent tremplin d’Action Jazz, déjà le treizième, le dernier groupe sur scène avait vraiment séduit le public. Le jury lui avait préféré Trek mais en soulignant les qualités de cette formation réunissant les plus jeunes musiciens (21, 19 et 16 ans) de la soirée. Alors quatre, le bassiste ayant depuis quitté le groupe, ils avaient séduit par leur virtuosité et aussi par leur audace musicale, mêlant un jazz moderne à un univers poétique autour du voyage évoqué par des textes récités par le batteur qui les avait lui-même écrits. Le groupe avait aussi séduit quelques programmateurs présents, on les entendra ainsi cet été aux festivals de Monségur, Andernos et Soulac.
Le groupe a trouvé un autre bassiste mais trop récemment et il ne les accompagne pas encore sur scène. Tout cela va procurer double travail à Mathis Bastos, main droite sur le piano électrique, mais gauche jouant sur le clavier de basses. Il s’en est tiré avec grand talent.
Pendant une bonne heure le trio nous a embarqués avec lui, poussés par une douce brise sur une mer calme éclairée par un soleil jouant avec les nuages, je résume. Audacieux et original que de présenter sa musique en alternance avec quelques moments de poésie. La musique, des compositions originales, est toujours mélodieuse, accessible , une sérénité l’éclaire, avec douceur mais aussi parfois avec énergie, quelques passages un peu free parfaitement maîtrisés venant l’animer. Le be bop alterne avec le swing dans un même morceau m’évoquant parfois « Autumn leaves », créant un contraste amusant et intéressant.
Côté guitare Wes Montgomery n’est pas loin, Pat Metheny non plus. Quand on sait qu’Emilien PIETRELLI a commencé par jouer du métal mais n’a découvert le jazz que récemment au Conservatoire de Bordeaux, on mesure le talent de ce jeune musicien. Chorus riches mais pas exubérants, accompagnement rythmique précis, bruitages délicats de cordes en glissando lors des interventions parlées, tout est en place. Un bel avenir lui est certainement promis …
Pas facile pour Ephrem MAIRESSE, dans ce lieu feutré de faire causer sa batterie sans écraser le son, il va y arriver très bien, proposant même un solo en sourdine se terminant en effleurant les cymbales. Merci à lui pour ce respect de ses collègues et le public, sans pour autant dénaturer la musique.
Au piano et au clavier de basse donc, Mathis BASTOS, n’a pas eu un moment de répit . Pas avare de jolis chorus de la main droite, il nous a offert un solo de « contrebasse » très riche en plus.
Trois excellents musiciens c’est bien, encore faut-il qu’ils s’entendent et c’est bien sûr le cas ici. J’ai même trouvé des progrès certains en deux mois depuis le tremplin, une aisance, une cohésion supplémentaires. Ils ont travaillé, ça s’entend.
On les reverra cet été, ou avant, avec plaisir.


