STEPHANE KERECKI QUARTET FRENCH TOUCH chez : INCISES

Par : Alain Flèche

FRENCHTOUCHcover.jpg

 

EMILE PARISIEN : sax soprano

JOZEF DUMOULIN : piano/Fender Rhodes

FABRICE MOREAU : batterie

STEPHANE KERECKI : contrebasse

20 ans en 1990 , Stéphane Kerecki cite Mingus, Davis, Coltrane, La Faro, Peacock, Haden pour ses influences majeures… en jazz, mais aussi les grandes figure Electro avec lesquelles il a grandi : les Daft, de Crecy, Laurent Garnier… C’est donc très naturellement que l’on trouve les signatures de Air, Phoenix, Daft Punk et autres groupes ‘pop’ dans la play-list. Pour ceux qui seraient tentés de froncer les sourcils ou de hausser les épaules, re-citons l’auteur des ‘liner notes’ du disque (S.K. Lui-même) : « Nous perpétuons ainsi une certaine tradition du jazz, qui s’est toujours nourri de la musique populaire de son époque pour se réinventer ». Et puis, en réponse à la plupart du jazz actuel basé sur le beat, le groove, voir sur des suites harmoniques décharnées, quel bonheur que d’entendre de fines mélodies inventives que l’on se surprend à fredonner en écoutant le disque, ou encore bien après ! sans connaître les morceaux originaux, gageons que le talent de ces splendides musiciens participe largement à la réussite de cet enregistrement, live et sans effet électronique, à part le son particulier du Fender Rhodes, où Jozef Dumoulin excelle en tirant le meilleur de son instrument, sans en faire des tonnes, sans nous assommer de prouesse technique superfétatoire. C’est bien, ainsi, un élève de John Taylor, dont il prend d’ailleurs ici la place, avec légitimité et grand bonheur. Un mot sur Émile Parisien ? Mais comment trouver un mot qui ne fut déjà écrit pour qualifier cet extraordinaire saxophoniste qui jamais ne nous déçoit dans sa perpétuelle évolution. Ici encore, il nous fait entendre et partage sa joie, son plaisir et sort son jeu des grands jours pour chanter les mélodies et travailler à déconstruire les accords pour mieux les remonter quelques mesures plus loin. Fabrice Moreau chante aussi, sur les fûts et cymbales qu’il fait sonner comme d’un instrument mélodique. Difficile ici, de reconnaître un acteur de la scène électro, tant son jeu est fin, coloré, à la hauteur de cette musique empruntée et revisitée avec verve, exigence et inventivité. Quant au leader de ce projet, il supporte largement la comparaison avec les maîtres de la contrebasse déjà cités. Avec ce génie de synthétiser ces diverses influences, jusqu’à imposer son propre style avec un son bien personnel qui le rend reconnaissable parmi tant d’autres. De plus en plus grand, de plus en plus beau, de plus en plus fort !

Alors ? Et la musique ? Ben écoutez donc vous-même ! Vous ne regretterez pas. Pour moi, en boucle depuis que je l’ai. Heureusement qu’il n’est pas sur support vinyle, je devrais en retrouver un autre.