ARCHIBALD LIGONNIERE

« A NEW HOME »

Par Pierre-Yves Miroux

Décembre 2025 – LES ENHARMONIES

Archibald Ligonnière – batterie, programmation synthétiseurs
Stéphane Guillaume – sax soprano, tenor et flute
Jean-Yves Jung – piano
Tom Ibarra – guitare acoustique et électrique
Gildas Boclé – basse acoustique

Kim Colett – voix sur A new home, Into my world, The spinning top

Louis Guignier – marimba et vibraphone sur A new home

Dès les premières mesures de la première piste, on est plongé dans une ambiance différente des disques classiques de jazz ; par les premiers accords de piano, les nappes de synthétiseurs, et surtout par le son, ample, rond, large . On est bien installé, dans son fauteuil, comme au cinéma, au spectacle. La musique nous enveloppe, généreuse, chaleureuse. Les créations de musiques pour l’image d’Archibald Ligonniere ne sont bien sûr pas étrangères à cette sensation.

Archibald a déjà une longue carrière derrière lui, des collaborations multiples, très diverses, de Richard Bona, à Scott Henderson, en passant par le rock, avec Axel Bauer. Il signe ici son premier disque. Il a énormément tourné à travers l’Europe. Son background est très varié. Et sur ce disque, on sent un musicien mature, à la grande expérience.

Il signe ici tous les titres, et encore une fois, c’est une musique très visuelle, très expressive qui s’affirme ici. On est souvent dans une ambiance fusion , on pense à Wayne Shorter sur les très belles interventions de Stéphane Guillaume, mais aussi à des musiques de films, avec un côté symphonique sur certaines pistes, notamment, « Pléiade’s birth », qui clôt l’album sur une note originale.

Ce disque est pour lui très symbolique, ses projets ayant comme pour beaucoup d’autres artistes, été contrariés par l’épisode Covid de 2020. Il a rebondi, construit son nouveau studio, et composé l’intégralité de cet album. Alors oui, les thèmes peuvent se ressembler, mais c’est justement l’objet du disque : le compositeur nous invite dans sa nouvelle maison. Et c’est ainsi, qu’il se présente.

Que dire de ses compagnons, sinon qu’ils sont remarquables, avec des mentions spéciales pour les interventions lumineuses du surdoué Tom Ibarra, à la guitare « nylon » sur « In my world », comme à l’électrique sur « The ark », ou « The spinning top », la basse de Gildas Boclé, profonde, enveloppante, les sax de Stéphane Guillaume, omniprésents, mais légers, aériens. Jean-Yves Jung, bien sûr, qui module comme ils respire, sur presque tous les morceaux.

Quant à Archibald, évidemment, un très beau jeu de batterie, loin des sentiers battus, mention spéciale pour son jeu de cymbales . La prise de son et le mixage jouent un rôle important sur ce disque, au service de cet univers, la batterie est bien sûr très présente, mais au service de la musique, et l’ensemble est cohérent, généreux. Cet album est un petit bijou d’harmonie. Une musique très accessible.

Une belle découverte.

  1. A new home
  2. The ark
  3. Into my world
  4. Toluca lake
  5. Five headed hydra
  6. The spinning top
  7. Pleiade’s birth