THE HONNET BROTHERS – D & A
Par Pierre-Yves Miroux
2025 – BENART RECORDS
The Honnet Brothers : Davy Honnet – batterie / Anthony Honnet – claviers, orgue Hammond
Invités : Fred Wesley, Jean-Marie Ecay, Robben Ford, Christian Altehülshorst, Philippe Selam, Stéphane Edouard
Ces 2 frères forment un duo très étonnant, Davy à la batterie, Anthony aux claviers, mêlant différents styles de musique avec un fondamental : le funk. Ils sont tombés dedans tout petits. Il est toujours présent dans leurs compositions, leur musique est festive, dansante, il est difficile de ne pas danser, à minima, taper du pied avec bonheur. Une véritable machine à « funker ».
Cet album sort de l’ordinaire, très éclectique, à la croisée de plusieurs chemins : du métal symphonique, de la soul fin sixties, du funk, du jazz rock, une pincée d’afrobeat, et le tout avec le format jazz, beaucoup de chorus,de 4/4.
Après une introduction très pompeuse, sur une rythmique particulièrement lourde, à la Prodigy, ambiance métal symphonique, on est très vite pris de cours avec un morceau vintage (Rose Piss in), dédié au Hammond, ambiance Booker T and the MG’s, mâtiné de pur funk. De quoi être surpris après l’introduction… Les 2 frères n’auront de cesse de nous surprendre, piste après piste, tout au long de l’album.
Beaucoup de featuring sur ce disque. Fred Wesley, au trombone bien sûr, sur le très funk roots « Da Flonk », typé Sly Stone et sa famille. Trés dansant, avec de très riches efficaces breaks de Davy Honnet. »IV chord junky » enchaîne, dans le style jazz rock, Robben Ford venant épauler à la guitare les 2 frères, en signant de plus ce morceau. C’est carrément un chorus du guitariste sur presque tout le morceau, intervenant de même sur le chorus à l’orgue d’Anthony, on finit sur un solo de batterie, et une reprise du thème. Un beau trio qui nous fait penser à la période jazz rock de John Scofield.
S’ensuit, une très belle ballade , »Hangover »,où l’Hammond règne en maître absolu ; avec 3 ou 4 notes, quelques accords, l’émotion est là. Cet instrument peut être magique, quand le musicien le maîtrise. Et c’est le cas d’Antony Honnet.
Avec « 6/8 collectif », changement d’ambiance. Rythmique entêtante , alterrnant avec des passages de pur swing, walking bass de rigueur, et un chorus guitare, très old school de Jean Marie Ecay, se terminant là encore avec un solo de batterie.
« Tafétol » , retour au funk plus classique, tempo rapide, limite afro beat et une envolée solaire, évoquée au saxophone par Philippe Selam, avec un son « trafiqué », comme une wah-wah sur le saxo.
« Total Mandingue », ambiance africaine, grosse caisse sur tous les temps, et la caisse claire en ostinato. L’accord rythmique/Hammond fonctionne à plein régime.
Avec « Purple Lips », tempo apaisé, thème inquiétant en entrée, évoluant rapidement vers un funk typé disco. L’ enchaînement des différents styles surprend dans un premier temps, mais fonctionne à merveille.
« Afrobit », Philippe Selam accompagne encore la fratrie, épaulé par Christian Altehülshorst à la trompette, on est là dans le pur afrobeat, thème entêtant très syncopé, interventions rythmiques du sax. Et… le disque s’achève. On en redemande…
La fratrie signe ici un disque joyeux , généreux, chaleureux, aux influences multiples qui nous embarque sur différentes ambiances, et nous laisse pantois et heureux. Du coup, on se le repasse en boucle.
Titres :
1. Intro (La trap couillon)
2. Rose piss in
3. Da flonk (avec Fred Wesley)
4. IV chord junk (avec Robben Ford)
5. Hangover
6. 6/8 collectif (avec Jean-Marie Ecay)
7. Tafetol (avec Philippe Selam)
8. Total mandingue (avec Stéphane Edouard)
9. Purple lips
10. Afrobit (avec Philippe Selam et Christian Altehulshorst)






