
Shiraz, nouvel album de Dhafer Youssef, sorti chez ACT le 14 novembre 2025, et en concert le 8 février 2026 au Théâtre du Chatelet à Paris : un chant d’amour et de liberté, une célébration de la vie. Dhafer Youssef, oud, chant, compositions / Daniel Garcia Diego, piano / Mario Rom, trompette / Swaeli Mbappé, guitare basse électrique / Tao Ehrlich, batterie / Nguyên Lê, guitare électrique, arrangements (sur 4, 10, 11, 13)
La musique de Dhafer Youssef, ancrée dans la culture arabe et les traditions du soufisme, est une musique ouverte aux sonorités contemporaines du jazz, de la musique de chambre, ou même du rock. Elle tisse des liens entre ces univers, démonstration vivante que les racines culturelles sont un facteur d’ouverture au monde, une richesse pour célébrer l’universalité des émotions dans la diversité du monde. Shiraz, titre du douzième album de Dhafer Youssef, compositeur, chanteur et oudiste tunisien, est d’abord le prénom de celle qui a transformé sa vie, la réalisatrice Shiraz Fradi : « pour elle je pourrais écrire des livres entiers, sur les portes quelle a ouvertes, sur la lumière quelle a apporté. Mais ici, je veux simplement la célébrer : son parcours, sa grâce. » L’album le plus personnel, intime, de Dhafer, lui est dédié entièrement : il met en musique leur relation fusionnelle et les épreuves traversées ensemble dans un hommage à la vie, à l’amour. C’est une oeuvre en forme de catharsis libératrice empreinte de spiritualité, en neuf actes comme autant de facettes des émotions humaines où les timbres instrumentaux tissent un univers en apesanteur, où le oud et le chant touchent à l’absolu. Une déclaration d’amour qui commence avec ‟Rose Fraganceˮ, le premier titre, tout en délicatesse, entre les accents de tendresse infinie du oud, ses envolées aériennes au lyrisme contenu, et la trompette voyageant vers les cimes de l’émotion.
‟Eyeblink and eternityˮ commence en ostinatos murmurés des oud et piano, mélodie incantatoire porteuse de messages célestes de la trompette en chorus plaintifs, jaillit dans l’acte deux en course poursuite, voix explosive, oud et batterie en liberté, une ode à la vie. ‟Generalife gardensˮ ouvre sur un horizon menaçant et le chant de Dhafer Youssef en émotions, la souffrance et l’apaisement, la lumière et les ténèbres, c’est une évocation du duo flamenco Lole y Manuel lors d’un séjour en Espagne.
‟The epistle of loveˮ, pièce en trois parties, de l’essence de la douceur (de la douleur aussi sans doute) à la joie retrouvée, une transe entretenue par la pulsation de la batterie, en passant par la ligne rassurante tissée entre trompette et guitare basse.
Introspection empreinte de nostalgie dans ‟Placelessnessˮ et la promenade légère comme une berceuse, réminiscences de souvenirs heureux dans ‟Terpsichoreanˮ amènent à ce titre fabuleux introduit par le chant spectral de Dhafer Youssef, ‟Zakir Bhai Eternal Longingˮ : tension vers l’absolu tempérée par un piano au tempo mesuré qui s’exprime dans l’acte deux dans un envoûtant chorus de guitare basse.
Magnifique titre encore, ‟41 Milestonesˮ, beauté absolue entre cette basse en pulsation apaisante et la trompette en liberté autour desquelles joue le chant en apesanteur de Dhafer Youssef. Cette tension vers l’infini, vers l’absolu des sentiments, est le motif intrinsèque qui parcourt tout l’album Shiraz, et le dernier titre ‟Shajanˮ en est la quintessence contenue dans le chant inspiré du soufisme qui invite à l’ouverture vers le divin.
Si l’on ne peut écouter qu’un seul morceau du disque, ‟Shajanˮ est celui qui exprime totalement l’esprit de l’œuvre : la transmutation de la douleur en ode à la Vie. https://youtu.be/fK_nDcHrC4Y?si=ayUuB0iVztZiLEcl Pour aller plus loin le concert de janvier 2025 à l’Auditorium de Bordeaux : Concert
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