Avec Kaouann au studio Cryogène Prod

Par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat

Il y a un peu plus d’un an, nous avions découvert le trio Kaouann lors de leur tout premier concert puis nous les avions retrouvés en première partie de Hugh Coltman au Rocher de Palmer.
Premier concert de Kaouann
Kaouann au Rocher

Cette fois, suite logique vu leur succès, nous les retrouvons au studio Cryogène Prod à Bègles où ils enregistrent leur premier album. Autour de l’ingénieur du son et gérant du studio Guillaume Thévenin, Nolwenn Leizour (contrebasse et chant), Franck Leymerégie (percussions) et Gaëtan Larrue (accordéon) sont au travail, car enregistrer un album est un travail, un gros travail.

Il a bien sûr fallu composer, arranger, orchestrer, éprouver les titres sur scène, les roder, les patiner, les modifier parfois mais maintenant il s’agit presque de les graver dans le marbre et rien ne doit être laissé au hasard. Alors tout est peaufiné, on enregistre, on écoute, on y repart, il y a toujours un détail à reprendre pour l’un ou pour l’autre, parfois une seule note à modifier, une attaque à recaler. Ça n’en finirait jamais si Guillaume ingénieur du son mais aussi musicien – c’est tellement important – ne tranchait pas, comme un directeur musical. La perfection existe-t-elle ?

Tout cela pour parfois finir sur des médias, des plateformes, qui compressent, simplifient et parfois dénaturent. Mais c’est la beauté du geste qui compte pour ces artistes authentiques, pas des musiciens « jetables » , des « produits » industriels ou issus de la supposée Intelligence Artificielle, un oxymore.

Certes l’environnement numérique du studio, son matériel sophistiqué est là mais au service d’artistes artisans. L’ambiance est studieuse mais détendue, ça rigole, ça chambre même mais quand le top est donné ça redevient sérieux, appliqué. Le résultat est superbe.

Le trio est une formation originale de par sa composition, pas de piano mais un accordéon, pas de batterie mais un set de percussions, seule la contrebasse du trio jazz classique a survécu à la transformation. Les compositions sont originales chacun en a proposé, les arrangements sont collégiaux. Le groupe propose une univers très personnel, un son unique.

Deux jours avant notre venue, un invité est venu pour un titre, ajoutant la douceur de sa trompette, Yoann Loustalot qui a souvent usé ses pistons dans le coin il y a quelques années, un ami des musiciens, ça compte aussi. J’ai entendu la maquette, une sublime ballade.

L’enregistrement est fini, il a duré une semaine pour neuf titres, Guillaume Thévenin va mixer le tout pour équilibrer les instruments, les sons, la finition se fera au mastering chez Globe Audio à Bordeaux – circuit court ! – une étape importante pour produire des versions finales adaptées aux différents supports d’écoute.

De tels moments devaient être ouverts au public pour qu’il réalise ce que cela représente de faire un album. Et encore ce n’est pas fini, il y a la pochette à composer avec son visuel, les notes, les remerciements, la notice de presse, puis la fabrication différente selon que le groupe a un label ou pas – ici l’album est autoproduit – la promotion, la vente… Je le confirme à ceux qui ne le croient pas encore, musicien c’est un métier, un vrai.

Deux ou trois singles devraient sortir vers avril ou mai, l’album arrivera à l’automne.

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