Coup de cœur 5 étoiles

Chronique de Martine Omiécinski

Jean-Paul Daroux : Piano, compositions

Jean-Christophe Gautier : Contrebasse, arrangements

Luca Scalambrino : Batterie, arrangements

Jean-Paul Daroux est un pianiste, professeur de musique et ex directeur de l’école de Musique de Cavalaire dans le Var. Sa route musicale a croisé Bojan Z, Hervé Sellin ou Michel Sardaby (son professeur et valeureux pianiste) puis il a enregistré notamment avec Louis Petrucciani (contrebassiste de Michel Petrucciani), et le saxophoniste Samy Thiebault. Puis en 2016 le Jean-Paul Daroux Project se forme avec deux autres musiciens du sud est : le fougueux batteur d’origine sicilienne Luca Scalambrino et le contrebassiste rusé Jean-Christophe Gautier qui pare son instrument d’effets intéressants (archet et loop- cette phrase musicale électronique qui permet d’ajouter des sons-). Action Jazz, sous la plume de Philippe Desmond s’était fait l’écho en 2021 de leur brillant précédent album « Change or no change » où il était question de défense de la nature et de la faune.

Sur « La Cité Engloutie », la mer et les légendes qui y sont liées sont leur source d’inspiration propice à des changements de climat, de rythmes mêlant jazz, rock, pop et même classique, c’est riche, foisonnant aussi bien les mélodies que le jeu de chacun et du collectif !

Mes morceaux préférés :

« La Cité Engloutie » commence par un gimmick sous les doigts de Jean-Paul sur quelques notes que l’on retrouve au cours du morceau et qui le signe. Puis les trois plongent dans un rock alternatif vivifiant avec effets sur la contrebasse de Jean-Christophe comme un instrument supplémentaire. Le piano se fait plus délié, puis nous plongeons en abysse et remontons poussés par cette énergie rock. Le gimmick revient sur le final porté par un solo inventif de batterie de l’impétueux Luca Scalambrino.

« Le dernier chant venu de l’Atlantide » : Le piano plus classique et lyrique sur ce morceau est sublimé par la contrebasse à l’archet. Puis les cordes avec des effets électriques, comme un chant déchirant et subtil venu des entrailles de la mer, envoûtent cette mélodie lancinante puis la rythmique accélère le mouvement, les tempos sont marqués de façon plus « virile » vers un final pop/rock réjouissant !

« Le récif des sirènes » : La vivacité, les harmonies hachées, les notes frappées de cette riche composition peuvent faire penser à une épopée telle celle d’Ulysse, c’est très cinématographique ! La contrebasse façon Oud et le rythme syncopé frappé dans les mains rajoutent des accents de la Méditerranée Orientale. Jean Paul au piano alterne avec brio fluidité et boucles pour un univers plein de poésie.

« Embarquement pour l’Illusion » : Nous promène avec cette signature particulière du groupe nous faisant passer du rock alternatif à un swing impeccable et vice-versa avec au passage une envolée remarquable de Luca à la batterie.

« Dans l’œil du sextant » : Sur ce morceau joliment construit par le piano, l’archet de Jean-Christophe et ses effets font merveille, la batterie maintient le cap, la contrebasse ose des accords très bas, enveloppants. Répétitions du leitmotiv, changements de tempo, chacun brode et illumine : encore un morceau que l’on a envie d’écouter en boucle pour son pouvoir apaisant.

« Mistral sur le Levant » : Pour toutes les nuances, couleurs et variations rythmiques que piano, contrebasse et batterie modulent, avec une mention spéciale à Luca qui effleure les peaux avec suavité puis claque les cymbales avec fougue et maestria !

Bref, tout l’album procure le même plaisir, quelle finesse dans les mélodies, quelle harmonie dans le jeu ! Un univers unique où chaque morceau est habilement composite avec des changements de tempos là où on ne les attend pas : ingénieux !

Vivement un Live dans la région !

https://www.facebook.com/jeanpauldarouxproject

 

 

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