Kevin Reveyrand
EXTENDED MINIMALISM – VOLUME 1
Par Cédric Pichot
Distribution: Continuo jazz https://continuomusique.com/
Kevin Reveyrand : guitare basse, compositions / Isabelle Sajot : violoncelle / Céline Bonacina : saxophone baryton / Thomas Leleu : tuba / Stéphane Édouard: percussions
Quatuor à cordes arrangé par Khalil Chahine : Akemi Fillon : violon / Line Kruse : violon / Christophe Cravero : violon alto / Mimi Sunnerstam: violoncelle
Kevin Reveyrand est un bassiste talentueux, sideman dans nombreuses formations, nous avons pu l’écouter aussi bien avec Billy Cobham, Mike Stern, Charles Aznavour ou Thomas Leleu.
Originaire de Paris, il grandit dans le Limousin, un papa disquaire et une maman mélomane développèrent son sens aigu de l’éclectisme musical, et c’est de retour dans la capitale que sa carrière décolla.
Mais le disque qu’il nous propose aujourd’hui, est une nouvelle aventure, il ouvre en quelque sorte le « chant » des possibles, car s’entourer d’instruments qui, comme le sien, ont des tessitures graves, sur le papier ça semble compliqué.
Mais force est de constater que ça marche, c’est onirique sans jamais devenir agressif.
On ressent dès les premières notes un vrai sens de la mélodie, le jeu de la basse électrique se prête merveilleusement aux instruments acoustiques.
Et le pari est réussi.
Chaque morceau de l’album est un duo avec un de ses invités, tantôt enrichi du quatuor à cordes, tantôt du percussionniste.
Toutes les compositions sont du bassiste, et le voyage proposé est fascinant.
L’ambiance de ce disque est très douce, apaisée, une musique qui fait du bien, cela en devient rassurant.
Les conversations établies au fil de l’album, s’imbriquent subtilement entre elles, et donnent une trajectoire à cet opus.
On sait d’où on part, mais pas où on arrive.
Le premier morceau est en duo avec la violoncelliste, Isabelle Sajot, sur le thème de la « family », les deux artistes entament leur conversation dans une ambiance de douce mélancolie, mais de suite la clarté du jeu de Kevin fait oublier tout cela, les deux instruments se répondent de manière divine et le jeu en arpège du bassiste est particulièrement bien maîtrisé.
Le ton est donné, mélodie en suspend, une musique très riche mais jamais démonstrative.
Tour à tour, les trois musiciens vont se succéder, sur des ambiances parfois latines, mais les influences sont soulignées de manière très subtile.
Le tuba de Thomas Leleu se prête divinement à cet exercice, et l’ambiance créée sur le deuxième morceau donne une dimension soutenue.
La rythmique est tenue par le tuba, la basse fait la mélodie, ambiance Word music, les percussions de Stéphane Édouard mettent ce duo en lumière, le tuba semble si léger…et les deux vont se répondre et inverser les rôles, la conversation devient passionnante.
Céline Bonacina ouvre le troisième opus, avec son instrument si grave dont elle ne cesse de montrer la légèreté avec laquelle elle le maîtrise, car entre ses mains les montées descentes sont époustouflantes.
Le jeu est clair, limpide sans esbroufe.
Tour à tour, les morceaux vont s’enchaîner et les musiciens se croiser.
L’ensemble de ce disque vous mènera dans le monde subtil et poétique de Kevin, ce disque est un enchantement et montre le talent de compositeur dont fait preuve l’artiste.

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